Rupert Murdoch renonce à BSkyB
Sandrine Cassini
Sandrine Cassini
Rupert Murdoch a pris les devants. Actant que la partie était désormais perdue, le magnat des médias a décidé de retirer son offre de reprise des 61% de l'opérateur de télévision BSkyB qu'il ne détient pas encore. Il n'a donc pas attendu le vote du parlement britannique qui devait adopter une motion non contraignante lui demandant de renoncer à son projet de prise de contrôle de l'opérateur de télévision payante britannique. De fait, la coalition du Premier ministre David Cameron avait prévu de s'unir avec le parti d'opposition, le Labour, pour s'opposer à l'opération.
"Il était clair qu'il était trop difficile de progresser dans ce contexte", a admis Chase Casey, directeur général du groupe, dans un communiqué. Toutefois, News Corp, qui conserve 39% du capital, reste "un actionnaire de long terme", a-t-il complété.
Le sacrifice de News of World, dont la dernière édition est parue dimanche, n'aura servi à rien. Mais le scandale était trop grand. La découverte d'écoutes téléphoniques en série, notamment celles de l'écolière de treize ans assassinée Milly Dowler, a ébranlé l'opinion publique. La police de Londres a procédé à au moins sept arrestations, y compris celle d'Andy Coulson, ancien rédacteur en chef du tabloid, devenu par la suite directeur de la communication de David Cameron.
L'échec est grand pour le groupe de Rupert Murdoch, qui était prêt à mettre 7,8 milliards de livres (10 milliards d'euros) sur la table pour contrôler BSkyB. Dès le départ, l'affaire n'était pas gagnée. En juin 2010, BSkyB a rejeté l'offre du magnat des médias, lui demandant de la revoir à la hausse de 14%. Si le montant de l'opération était élevé, elle aurait permis à News Corp d'accroître sensiblement ses profits, en accédant à la trésorerie de BSkyB et en réalisant des synergies.
À lire également
Avec le bouquet BSkyB, dont les résultats ont augmenté de 5,2% au dernier trimestre, News Corp, qui possède notamment le Time, aurait pu vendre des offres packagées, incluant ses journaux, tout en profitant d'une nouvelle plateforme de diffusion au service de ses contenus. BSkyB compte 10 millions d'abonnés et a réalisé l'an passé un bénéfice de 855 millions de livres (960 millions d'euros). Mais plusieurs médias britanniques, comme le Guardian, le Daily Mail ou le Daily Telegraph, étaient opposés à la montée en puissance de l'homme d'affaires australien, connu pour ses prises de position politiques et son ingérence dans les médias (comme Fox News) qui lui appartiennent .
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

A Londres, le titre perdait dans l'après-midi 1,23% à 683 pence.
Sandrine Cassini
Un incident majeur toutes les deux heures : les risques cyber explosent dans la finance européenne
448 TWh d'électricité par an, 4.500 milliards de litres d’eau : les coûts cachés de la révolution de l’IA
Meta recule sur son outil de surveillance des salariés pour entraîner son IA
Bruxelles dévoile son grand plan pour la souveraineté technologique, avec des instruments encore timides