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Technos & MediasMédias

Le rythme de diffusion des films à la télévision fait à nouveau polémique

Sandrine Cassini

Publié le 03 avril 2012 à 10:00

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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TF1, M6, et la SACD sont vent debout contre la nouvelle case cinéma accordée le mercredi soir à France 4. Un nouvel épisode de la lutte entre partisans et opposants d'un accroissement de la diffusion des films hors des salles à l'heure du numérique.

Doit-il y avoir plus de cinéma à la télévision et sur Internet ? En apparence simple, cette question est aujourd'hui au centre des querelles entre chaînes de télévision, producteurs de cinéma et les sociétés d'auteur. Ces derniers jours, l'accord entre les organisations du cinéma et France Télévisions qui prévoit d'octroyer une nouvelle case cinéma le mercredi soir à France 4 a mis le feu aux poudres, faisant un tas de mécontents, au premier rang desquels M6 et TF1.

Selon nos informations, la Une a écrit au ministère de la Culture pour exprimer son courroux. Elle songe même, si le décret autorisant cette case (actuellement examiné au CSA) était publié, à l'attaquer devant le Conseil d'Etat. Une action qu'elle pourrait éventuellement mener avec la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques (SACD). Une alliance opportuniste tant les motivations de s'en prendre à l'accord de France Télévisions sont opposées entre la chaîne et la société d'auteur.

Le risque de banalisation du film

Ainsi, les chaînes privées, TF1 en tête, auraient souhaité que cette décision soit prise dans un cadre global, où tous les acteurs auraient eu leur mot à dire. Surtout, d'une manière générale, la Une ne souhaite pas accroître la diffusion de films à la télévision. Cela aurait pour effet, selon elle, de banaliser ce genre, et par conséquent de faire baisser la valeur des inédits, auxquels elle contribue financièrement. De fait, la Une investit 3,2% de son chiffre d'affaires dans la production cinématographique d'?uvres européennes (dont 2,5% dans des ?uvres françaises). Les producteurs de cinéma soutiennent cet argumentaire. « Il est important de ne pas banaliser le film, dont la valeur doit être préservée », assure Fréderic Goldsmith, délégué général de l'Association des Producteurs de Cinéma, qui soutient que, malgré l'emergence d'Internet, le petit écran reste le principal lieu de visionnage des films.

Pourtant, l'APC, comme d'autres associations du cinéma, ont signé l'accord octroyant la fenêtre de France 4. Dans ce cas précis, ils n'avaient guère le choix, dans la mesure où le groupe public est un important pourvoyeur de fonds. Le groupe verse en effet plus que les chaîne privées, avec 3,5% de son chiffre d'affaires réservé au cinéma. « Le groupe a un plancher de films à diffuser, et coproduit 60 films par an pour 60 millions d'euros », se félicite Frédéric Goldsmith. D'autant qu'en parallèle, France Télévisions est loin d'avoir eu gain de cause sur tout, dans la mesure où, comme l'ont indiqué les Echos, le groupe a renoncé à diffuser, comme il le souhaitait, ses films en télévision de rattrapage, au regard des conditions financières et contractuelles proposées par les ayants-droits.

Un assouplissement sur les "jours interdits"

Si la SACD s'insurge contre la dérogation faite à France Télévisions, c'est qu'elle milite pour une plus grande visibilité des films à la télévision ou sur les nouveaux supports, comme Internet. Dans ses arguments, elle avance que la profusion des nouvelles chaînes et l'émergence d'Internet rendent obsolètes la réglementation des jours interdits et la chronologie des médias. Il est vrai que regarder n'importe quel film, légalement ou illégalement, est désormais possible et de plus en plus facile. Plutôt qu'un accord isolé, la SACD, qui en tant que société de collecte a un intérêt financier à ce que les films soient plus diffusés, souhaitait un assouplissement global des jours interdits « qui rend impossible la diffusion de films de cinéma certains soirs, en particulier sur les chaînes historiques et de la TNT », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Sur le papier, l'un n'empêche pas l'autre. Mais dans le fond, la société de collecte craint que cet accord ne soit saisi par les uns et les autres pour reporter sine die une révision globale.

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Hasard de calendrier, ce débat intervient alors que la chronologie des médias - qui fixe les délais de diffusions du cinéma en fonction des formes d'exploitation est en passe de légèrement évoluer. Le délai de diffusion des films en vidéo par abonnement d'art et essai pourrait être raccourci. Une réunion est prévue sur le sujet le 5 avril. Fervent partisan d'une évolution, Pascal Rogard, directeur général de la SACD, a récemment rappelé que « la chronologie des médias était la même pour le confidentiel Belle Epine que pour le blockbuster Les Intouchables. Sur 260 films produits par an en France, environ 130 ont une économie difficile, et doivent pouvoir toucher leur public sur Internet ». Lors de la même réunion, le réalisateur Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist...) a rappelé que son film « La classe américaine », qui avait été diffusé qu'une seule fois sur Canal Plus, avait par la suite existé uniquement grâce au piratage.

Sandrine Cassini

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