Google sera-t-il plus efficace que l'Etat pour soutenir la presse française ?

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Les aides à la presse entrent une fois de plus dans le collimateur de la Cour des compte... mais bénéficieront d'un petit coup de pouce de Google (Photo Reuters).
Les aides à la presse entrent une fois de plus dans le collimateur de la Cour des compte... mais bénéficieront d'un petit coup de pouce de Google (Photo Reuters). (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les éditeurs de presse bénéficient à partir de ce jeudi d'un fonds de 60 millions d'euros concédé par le géant du web. Pendant ce temps, les aides de l’État dont ils bénéficient font l'objet de critiques de la Cour des comptes.

Certes, leurs apports financiers sont sans commune mesure. D'un côté, un fonds de 60 millions d'euros lancé par Google depuis ce jeudi. De l'autre, 5 milliards d'euros d'aides publiques (directes et indirectes) de 2009 à 2011 (684,3 millions d'euros en 2013). Mais un point commun: tous deux visent à soutenir la presse française. Alors que le premier circuit se lance à peine, et vise spécifiquement le développement numérique des médias français, le second se retrouve dans le collimateur de la Cour des comptes. 

Après le conflit qui les avait opposé l'an dernier -  les éditeurs de presse reprochant à Google de ne pas s'acquitter des droits "voisins", sorte de droits d'auteurs, pour les contenus visibles sur ses pages - leur réconciliation s'était scellée par un fonds de soutien. Le moteur de recherche américain leur a accordé 60 millions d'euros dans le cadre d'un fonds pour "l'innovation numérique de la presse", officiellement lancé ce 19 septembre. Il permettra de soutenir les projets choisis parmi ceux déposés sur son site internet. Ce programme sera dirigé par Ludovic Blecher, jusqu'alors directeur numérique de Libération.

Un fonds Google pour le développement numérique des projets

Est éligible "tout éditeur de site web d'information politique et générale" reconnu comme tel par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). En clair: les sites web de la presse nationale ou régionale ainsi que les médias exclusivement numériques (les "pure-players"). 

"Le Conseil d'administration déterminera les projets sélectionnés et le montant de leur financement sur la base de critères comprenant notamment l'innovation, le business plan, l'impact potentiel du projet, les nouvelles offres créées pour les lecteurs, et la production originale de contenus éditoriaux et journalistiques", écrivent dans un communiqué Google et l'Association de la presse d'information politique et générale (AIPG), associée à ce projet. 

La Cour des compte critique les "résultats décevants" des aides publiques

Au même moment, les "Sages" de la rue Cambon publient un nouveau rapport peu amène sur le système d'aides publiques accordées à la presse. En tout, celles-ci représentaient un montant total de 5 milliards d'euros entre 2009 et 2011, dans le cadre du plan décidé lors des États généraux de la presse en 2008. Sur cette somme, il faut compter les aides directes fournies aux médias (324,3 millions d'euros en 2009, par exemple), ainsi que des déductions fiscales.

La Cour des comptes estiment les résultats de ce plan "décevants", dans la mesure où le chiffre d'affaires total du secteur s'est réduit sur cette période. Elle estime que ces aides ont "induit une dépendance pour les éditeurs de presse, mais également pour l'ensemble des acteurs chargés de la distribution et de la diffusion des journaux."

En conséquence, elle recommande de réexaminer les aides indirectes, comme par exemple celles qui bénéficient aux entreprises de presse et aux journalistes (le fameux abattement pour frais professionnels). L'organisme suggère également de réétudier les "niveaux de rentabilité respectifs des différentes familles de presse", de "simplifier les aides directes" et de "supprimer toutes les aides fiscales dont la pertinence n'est pas avérée". En février, la Cour des comptes avait déjà dressé un constat similaire. 

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Commentaires
a écrit le 19/09/2013 à 16:27 :
Je comprends mieux pourquoi la presse et si peu agressive avec le Système républicain,
on ne peut mordre la main qui te nourrit
a écrit le 19/09/2013 à 14:20 :
Oh, un simple constat : l'idée de l'Europe étant désormais implantée...on remballe..la presse.
a écrit le 19/09/2013 à 14:15 :
Soutenir est incomplet pour exprimer ce qui arrive. Souteneur est le terme plus adapté. Google devient ce souteneur et la presse, sans changer de Mac, devra partager ses recettes. En fait c'est en plein accord que les intérêts français se débarrassent d'une grande partie de leurs actifs de cette manière afin de permettre la constitution de quelques grands pôles mondiaux. Des géants, encore. Il y a notre voisin allemand, notre voisin italien (Exor avec la Stampa et The Economist qui sont plus ou moins à vendre avec les mouvements sur Fiat) et quelques autres dont Lagardère et un certain Tapie qui ramasse en teneur de bougie. La presse sera liée à la publicité et au spectacle, films et théâtres où là aussi le ramassage se fait avec Vivendi ou bien la reprise récente de la très grande salle du Comédia. Bolloré chez Havas ou Publicis et son collage sont dans le même mouvement qui est celui de la concentration. Des acteurs nouveaux et encore improbables vont apparaître comme Samsung ou Amazon : Ceux qui maîtrisent le flux image et la télévision connectée ou bien l'offre dynamique. Une sorte de gigantesque mashup.
a écrit le 19/09/2013 à 11:42 :
LaTribune. Merci de ne pas confondre les millions et les milliards.
a écrit le 19/09/2013 à 10:27 :
la cour des comptes signale aussi que les 30 %de réduction d'impôts accordée aux journalistes n'a aucune raison d'être.
a écrit le 19/09/2013 à 10:26 :
Relisez-vous, 3ème ligne de l'article, c'est 5 milliards et pas 5 millions ...;
a écrit le 19/09/2013 à 9:50 :
LT a le sens de l'humour aujourd'hui, je poserais une autre question: existe-t'il un organisme / entreprise qui serait ENCORE MOINS efficace que l'état français?
a écrit le 19/09/2013 à 9:46 :
5 milliards d'euros d'aides!!!! pour la presse....la presse papier est morte, stoppez moi ce gaspillage permanent!!!
Adaptons nous aux réalités d'aujourd'hui....un journal ce doit être de bons articles précis+ de la pub...pour autant que celle ci ne pèse pas sur la ligne éditoriale+ des lecteurs payants, et c'est tout....NOUS N'AVONS PLUS D'ARGENT!!!! c'est vrai que l'expression "vivre au dessus de ses moyens" fait sens dans ce cas....moi je vis avec ce que j'ai sans subvention, aide, etc...et je ne suis pas le seul...si tout le pays suivait ce principe simple, la dette s'arrêterait très rapidement

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