Les droits voisins, c'est une "question de survie" pour la presse

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Pour peser sur le vote des Européens, les géants comme Google et Facebook - les fameux Gafa -, se seraient lancés dans une campagne de lobbying sans précédent.
Pour peser sur le vote des Européens, les géants comme Google et Facebook - les fameux Gafa -, se seraient lancés dans une campagne de lobbying sans précédent. (Crédits : Pixabay / CC)
Une vingtaine de patrons d'agences de presse, dont celui de l'Agence-France-Presse (AFP), ont cosigné ce 4 septembre une tribune en faveur de l'instauration de "droits voisins" qui contraindraient les géants du Net, comme Google et Facebook, à contribuer au financement de la presse. Les députés européens doivent se prononcer sur cette directive controversée le 12 septembre prochain.

C'est toute une profession qui est en alerte. Une vingtaine de patrons d'agences de presse, dont celui de l'Agence-France-Presse, ont cosigné ce 4 septembre une tribune en faveur de l'extension des "droits voisins" aux entreprises de presse, dans le cadre de la réforme du droit d'auteur européen. Soumise au vote des parlementaires européens le 12 septembre prochain, elle vise à introduire des "droits voisins" qui contraindraient les géants du Net, comme Google et Facebook, à contribuer au financement de la presse.

Les signataires de cette tribune l'assurent : il en va de la survie de la presse.

"Il s'agit ni plus ni moins que d'introduire le principe d'une juste rémunération des médias. Les députés européens ont le devoir de faire aboutir la réforme du droit d'auteur qui est engagée. Il en va de la survie de la presse, du maintien de son indépendance et de la défense des valeurs démocratiques."

La semaine dernière, plus d'une centaine de grands reporters et rédacteurs en chef de 27 pays de l'UE avaient déjà cosigné une tribune de leur confrère de l'AFP Sammy Ketz appelant les eurodéputés à instaurer des droits voisins. Et la Guilde des artistes de la musique (GAM) lance également cette semaine une campagne de soutien à la réforme.

La réforme divise les Européens

Début juillet, le Parlement européen avait déjà rejeté cette directive du droit d'auteur initiée en 2016, ardemment défendue par les créateurs, les artistes et les éditeurs de presse, qui prévoyait la création d'un tel droit, notamment dans son article 11. Il devait permettre aux médias qui s'estiment pillés de leurs contenus par les agrégateurs d'informations, comme Google News, de se faire rémunérer pour une réutilisation en ligne, même partielle, de leur production.

L'article 13 devait quant à lui reconnaître la responsabilité des géants du Web en matière de rémunération des créateurs. Les plateformes telles que Youtube, Vimeo ou les réseaux sociaux comme Facebook, auraient ainsi l'obligation de négocier des accords de licence avec les artistes.

Mais sur les 627 eurodéputés présents dans l'hémicycle, 318 s'étaient prononcés contre le texte, 278 pour et 31 se sont abstenus. Le texte doit donc à nouveau être soumis à un autre vote lors de la session plénière du 12 septembre.

Lire aussi : Droit d'auteur : pourquoi la directive européenne divise

Une campagne de lobbying des Gafa pour peser sur le vote

Pour peser sur le vote des Européens, les géants comme Google et Facebook - les fameux Gafa -, se seraient lancés dans une campagne de lobbying sans précédent, à coups de spamming des députés européens, de bots sur les réseaux sociaux et d'alliances avec les libertaires du web. Pour faire court, ils estiment que cette disposition porterait atteindre à la liberté d'expression et nuirait au principe de gratuité du Net pour le consommateur. Certains eurodéputés écologistes et libéraux partagent en partie ce point de vue - notamment Eva Joly, Yannick Jadot ou encore Pascal Durand, qui s'étaient exprimés contre ce texte.

"La campagne de Google et Facebook contre ce projet a été axée autour d'une énorme "fake news" : la gratuité d'internet pour le consommateur serait menacée par le projet de directive sur le droit d'auteur. Il n'en a pourtant jamais été question. Il s'agit simplement de faire en sorte que les géants du net partagent demain une modeste fraction de leurs revenus avec les producteurs de ces contenus", précisent-ils.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 10/09/2018 à 15:30 :
La presse doit de trouver un modèle économique juste, ce n'est ni à l'état ni à une autre entreprise de payer pour leur travail. (sauf s'ils vendent leurs travaux à ces entreprises)

Soit leur contenue est accessible uniquement au abonné soit il l'est pour tout le monde et donc pour les autres entreprises.

Trouver un moyen de ce financé quelque soit la qualité du travail sans avoir à se remettre en cause c'est inadmissible.

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