Menacé de démantèlement, Google riposte pour ne pas perdre Chrome
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Annegret Hilse
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Assouplir les accords signés avec les fabricants de smartphones prévoyant que Chrome soit le navigateur par défaut sur leurs appareils, ou profite d'une position dominante. Voici ce qu'a proposé le géant du numérique Google, vendredi soir, pour éviter d'avoir à se séparer de son moteur de recherche, épinglé pour pratiques anticoncurrentielles, comme le réclame le gouvernement américain.
Dans un document de 12 pages remis à la justice, la filiale d'Alphabet suggère ainsi de nouvelles limites afin de mettre fin à son monopole sur la recherche sur Internet.
Et pour cause : outre-Atlantique, le département de la Justice (DOJ) a officiellement demandé au tribunal d'imposer à Google des « mesures coercitives » pour ses pratiques monopolistiques, et d'ordonner la vente de Chrome. Or, cela aboutirait à un démantèlement historique. Pour la vente, évaluée à 20 milliards de dollars, il resterait à trouver un acheteur valable qui ne reproduirait pas une situation monopolistique.
Pour rappel, la saga a commencé en août dernier, après qu'un juge fédéral de Washington, Amit Mehta, a statué que Google maintenait un monopole illégal. En effet, des sommes considérables sont aujourd'hui versées à des entreprises, dont Apple, afin que Chrome conserve son hégémonie, selon les détails d'accords confidentiels épluchés au cours du procès. Par conséquent, ce moteur de recherche représente environ 90% de toutes les recherches en ligne dans le monde, selon les chiffres de la plateforme d'analyse du trafic Web Statcounter.
Vendredi, le principal intéressé a cependant déclaré qu'il devrait être autorisé à continuer de conclure ces contrats avec d'autres sociétés tout en élargissant les options qu'il offre. Si ces partenariats étaient moins contraignants, les constructeurs pourraient par exemple installer nativement plusieurs moteurs de recherche, ou permettre de télécharger des logiciels de Google sans forcément avoir à passer par Chrome. Mais aussi changer leur fournisseur de recherche par défaut au moins tous les 12 mois, a proposé l'entreprise.
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Peu importe la décision finale concernant la cession forcée ou non de Chrome, il est très probable que Google fasse appel, et ainsi durer la procédure jusqu'à ce que la Cour suprême soit éventuellement appelée à trancher. Le dossier apparaît d'autant plus épineux qu'au-delà de Chrome le DOJ estime que la capacité de Google à tirer parti de son monopole pour alimenter des fonctionnalités d'intelligence artificielle constitue un nouvel obstacle à la concurrence. Et risque d'asseoir encore davantage sa position dominante, comme nous l'expliquions en novembre.
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La suite pourrait aussi dépendre de Donald Trump, qui reviendra en janvier à la Maison Blanche et aura le pouvoir de remplacer l'équipe du ministère de la Justice en charge du dossier.
(avec agences)
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