DÉCRYPTAGE. Le département de la Justice américain a officiellement demandé que Google se sépare de son navigateur Chrome pour mettre fin à son monopole dans la recherche en ligne. Mais cette décision révèle un enjeu plus vaste : empêcher une nouvelle situation monopolistique dans l'IA en limitant l'accès exclusif de Google aux données.L'administration Biden a donné son dernier grand coup contre la Big Tech avant de passer le relais. Mercredi 20 novembre, le département de la Justice (DOJ) a officiellement demandé au tribunal d'imposer à Google des « mesures coercitives » pour ses pratiques monopolistiques. Ce jugement fait suite à la décision de l'été 2024 d'Amit Mehta, un juge fédéral de Washington, déclarant Google coupable de pratiques illégales visant à établir et maintenir son monopole dans la recherche en ligne.
La mesure phare du DOJ reste la cession de Chrome, le navigateur de Google, qui détient 67 % des parts de marché. Une telle vente, évaluée à 20 milliards de dollars, représenterait un démantèlement historique, marquant un tournant pour le Web. Le DOJ évoque également une potentielle cession d'Android, le système d'exploitation mobile, si Google ne respecte pas l'obligation de cesser d'y promouvoir ses propres services. Chrome comme Android constituent des points d'accès majeurs au moteur de recherche, sapant ainsi les chances de potentiels concurrents, note le DOJ.
L'IA dans le viseur
Mais le ministère de la Justice voit surtout plus loin. « Il est essentiel que toute mesure corrective prenne soigneusement en compte les réalités passées, présentes et émergentes du marché afin de garantir une concurrence solide », précisait un document publié en août dernier.
Par conséquent, le rôle de Google sur le jeune marché de l'intelligence artificielle générative est aussi pris en considération. Cette technologie devient en effet une fonctionnalité importante dans le domaine de la recherche traditionnelle. Google a ainsi intégré une fonctionnalité appelée « AI Overviews » au sein de son moteur de recherche dans une centaine de pays, permettant de générer des résumés de requêtes. Bing, de Microsoft, a entrepris un virage similaire en intégrant le modèle d'OpenAI.