Le gouvernement américain envisage de séparer Google Chrome et Android
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« Scinder Chrome et Android les détruirait, eux et beaucoup d'autres choses », a réagi Google dans un communiqué posté sur son site.
Steve Marcus
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« Scinder Chrome et Android les détruirait, eux et beaucoup d'autres choses », a réagi Google dans un communiqué posté sur son site.
Steve Marcus
[Article publié le mercredi 9 octobre 2024 à 10h25, mis à jour à 11h04] Washington serait prêt à couper en deux Google. Alors que le géant de la Silicon Valley avait été reconnu coupable de pratiques anticoncurrentielles dans la gestion et la promotion de son célèbre moteur de recherche en décembre 2023, mardi, le ministère de la Justice (DOJ) a donné ses pistes pour rétablir la situation.
Le document d'une trentaine de pages transmis mardi au juge fédéral de Washington Amit Mehta - qui avait jugé Google - n'est qu'une version préliminaire des recommandations que le DOJ adressera au juge Mehta, en novembre.
Cette première mouture dresse une série de pistes de réformes, parmi lesquelles l'obligation qui serait faite à Google de rendre accessibles les données et les modèles de programmation utilisés pour générer des résultats via son moteur de recherche. Le DOJ envisage aussi de demander au magistrat d'interdire à Google d'utiliser ou de conserver des données qu'il refuse de partager avec des sociétés tierces.
Mais surtout, le gouvernement américain suggère la possibilité d'empêcher le géant technologique d'utiliser son navigateur Chrome, sa boutique d'application Google Play Store et son système d'exploitation mobile Android pour conférer un avantage à son moteur de recherche.
Cette limitation des interconnexions entre les différents produits du groupe de Mountain View (Californie) pourrait passer par des changements « structurels », le DOJ pointant ainsi dans la direction d'un éclatement.
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La possibilité de démanteler Google ou d'exiger de profonds changements dans sa façon de faire des affaires marque en tout cas un changement profond de la part des autorités de la concurrence du gouvernement américain. Celles-ci ont largement laissé tranquilles les géants de la tech depuis leur échec à démanteler Microsoft il y a vingt ans. Il semblerait qu'elles ont désormais de nouvelles ambitions en la matière.
Pour Google, les recommandations du gouvernement américain « vont bien au-delà des questions juridiques abordées dans ce dossier ». Le juge avait en effet ordonné à la filiale d'Alphabet de modifier Android et Google Play Store pour permettre le téléchargement d'autres boutiques d'applications, et de laisser la porte ouverte durant trois ans.
Il avait aussi interdit à Google de prélever une partie des revenus générés par des boutiques alternatives, ou d'imposer à un développeur de lancer son application sur Google Play Store d'abord ou uniquement. Il avait enfin prohibé les contrats avec des équipementiers ou des opérateurs téléphoniques prévoyant l'installation par défaut de Google Play Store sur leurs smartphones moyennant rémunération.
Mais « scinder Chrome et Android les détruirait, eux et beaucoup d'autres choses », a réagi Google dans un communiqué posté sur son site.
Quant à un partage éventuel des données de recherche et des résultats avec d'autres acteurs d'internet « présenterait un risque pour la protection de vos données et votre sécurité », avance la société californienne.
À noter que lundi, près de dix mois après qu'un jury l'a reconnu coupable, un magistrat de San Francisco a donné huit mois au géant technologique pour se mettre en conformité avec sa décision, soit d'ici début juillet 2025, car le jugement deviendra effectif au 1er novembre.
Le procès avait notamment mis en avant les sommes mirobolantes versées par la filiale d'Alphabet pour s'assurer l'exclusivité de Google Search auprès de fabricants de smartphones et navigateurs internet. Selon le site StatCounter, Google pesait, en septembre, 90% du marché mondial de la recherche en ligne et même 94% pour les smartphones.
Reste que quelle que soit la décision finale du juge, Google devrait faire appel. Ce qui pourrait prolonger le processus pendant des années et éventuellement aller jusqu'à la Cour suprême des États-Unis.
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En Europe, le règlement sur les marchés numériques, le Digital Markets Act (DMA), entré en vigueur en mars, force les six plus gros acteurs mondiaux de la tech à ouvrir leurs plateformes à la concurrence. Ainsi, fin août, Epic Games pouvait lancer son magasin d'applications mobiles sur les appareils Android dans le monde et sur les iPhone et iPad en Europe, permettant aux utilisateurs de s'affranchir des interfaces de Google et d'Apple.
Epic voit ainsi son titre phare « Fortnite » signer son retour sur iPhone et iPad, après en avoir été banni en 2020 lorsqu'il avait cherché à contourner les règles et systèmes de paiement en place.
(Avec AFP)
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