Publicité ciblée : Criteo anticipe un fléchissement de son activité courant 2018

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Jean-Baptiste Rudelle, le fondateur et à nouveau Pdg de Criteo.
Jean-Baptiste Rudelle, le fondateur et à nouveau Pdg de Criteo. (Crédits : DR)
Le champion français de la tech des années 2000 a annoncé un chiffre d'affaires de 230 millions de dollars (+5%) pour un bénéfice net de 14,7 millions de dollars pour le deuxième trimestre. Mais il anticipe une stagnation de son activité pour l'année 2018. Criteo doit adapter son modèle aux restrictions opérées par Apple dans la gestion des cookies, au cœur de sa technologie.

Mauvaise période pour Criteo. Le spécialiste français du ciblage publicitaire a annoncé mercredi que son activité allait stagner en 2018, se montrant prudent face à l'ampleur des changements nécessaires pour adapter son modèle aux récentes évolutions technologiques de la publicité en ligne. Il estime désormais que son chiffre d'affaires, hors reversement aux partenaires (l'indicateur mis en avant par le groupe), augmentera ou baissera de 1% en 2018, à taux de change constant. En février, il tablait encore sur une croissance comprise entre 3% et 8% pour l'année.

Trois mois après le retour de son fondateur, Jean-Baptiste Rudelle, comme PDG, Criteo a réalisé au deuxième trimestre 537,2 millions de dollars de ventes, en baisse de 1% sur un an. Le chiffre d'affaires, hors reversement aux partenaires, s'affiche à 230 millions de dollars, en progression de 5% (+2% à taux de change constant), conformément aux attentes du consensus d'analystes interrogés par le fournisseur de données financières Factset. Son bénéfice net a, lui, quasiment doublé en un an à 14,7 millions de dollars, mais il est bien inférieur aux prévisions des analystes.

Changement dans la gestion des cookies chez Apple

Ce groupe emblématique de la "French Tech", coté sur le Nasdaq depuis 2013, avait averti à deux reprises l'an dernier que des changements du système d'exploitation d'Apple iOS 11.2 auraient un impact négatif sur sa performance à la fin 2017 et l'année suivante, ce qui avait fait chuter son titre en Bourse. En effet, la technologie développée par Criteo lui permet de cibler le parcours de navigation de l'internaute grâce à des cookies, pour lui proposer ensuite des publicités sur les nouvelles pages qu'il visite en fonction de ses centres d'intérêts. Exemple : si vous regardez des chaussures sur un site marchand, Criteo vous proposera plus tard, sur d'autres pages web, des publicités sur les chaussures. Si vous en achetez, Criteo touchera une commission.

Or, à l'automne dernier, Apple a décidé de manière unilatérale de restreindre la présence de certains cookies sur son navigateur Safari afin de protéger un peu plus la vie privée de ses utilisateurs. "Cela a été un choc exogène très violent", admet Jean-Baptiste Rudelle à l'AFP. "Mais c'est derrière nous, on a tiré nos leçons", assure-t-il.

"Maintenant on comprend mieux pourquoi Apple a fait ça : ils veulent basculer un maximum les gens dans le monde des "app" (applications), qu'ils contrôlent mieux que le monde des navigateurs. Cela tombe bien parce que c'est dans le monde des "app" que nous enregistrons notre plus forte croissance."

Une réorganisation "en profondeur"

Pour rendre leur produit moins dépendant des choix techniques des navigateurs, la société a entrepris une réorganisation "en profondeur", selon le PDG. Il évalue à 6-12 mois le temps nécessaire pour que cette stratégie porte ses fruits.

En juin, la société française avait annoncé un investissement de 20 millions d'euros sur trois ans pour créer un laboratoire d'intelligence artificielle basé à Paris avec des antennes à Grenoble et à Palo Alto, en Californie. Baptisé Criteo AI Lab, cette unité devrait permettre à terme d'améliorer son modèle de recommandation publicitaire, de plus en plus critiqué pour son côté intrusif et peu respectueux de la vie privée.

Le sujet de l'innovation et de la diversification est crucial pour Criteo. Le champion français de la tech des années 2000 navigue en eaux troubles depuis l'automne dernier. Le groupe valorisé 1,7 milliard de dollars a flirté plusieurs fois avec ses plus bas niveaux historiques en Bourse, dont la dernière fois au début de mois de juin.

Lire aussi : En quête d'un second souffle, Criteo investit 20 millions dans l'IA en France

 (avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/08/2018 à 9:24 :
Tant mieux!ils nous pourrissent la vie.

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