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HiMedia: le camp Zimmermann lâche les boules puantes contre Benjamin Jayet

Photo de Sylvain Rolland

Sylvain Rolland

Publié le 21 avril 2016 à 18:51 - Mis à jour le 12 novembre 2025 à 09:33

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Alors que l’actionnaire activiste Benjamin Jayet demande la tête du fondateur et PDG d’HiMedia Cyril Zimmermann lors de la prochaine assemblée générale du 3 mai, les coups se lâchent. Des actionnaires pro-Zimmermann font circuler des documents, que La Tribune a pu consulter, révélant les antécédents judiciaires de Benjamin Jayet.

Tous les coups semblent permis dans la lutte de pouvoir qui oppose Cyril Zimmermann, le cofondateur et PDG de la régie publicitaire HiMedia, à l'actionnaire activiste Benjamin Jayet. Depuis quelques mois, ce dernier multiplie les assauts contre la direction d'HiMedia, qu'il accuse d'être responsable des difficultés de la société. Effectivement, l'entreprise a vécu deux années difficiles, avec une perte nette de 40,3 millions d'euros en 2015, et une valorisation en Bourse divisée de moitié en un an.

Si bien qu'après s'être renforcé au capital ces derniers mois (Benjamin Jayet, via sa société BJ Invest, est passé de 7% à 16,48% du capital pour 15,68% des droits de vote), celui qui est devenu le premier actionnaire de la société a attaqué HiMedia et Cyril Zimmermann au tribunal de commerce pour mauvaise gestion.

L'entrepreneur toulousain a en outre officiellement demandé la tête de Cyril Zimmermann et de deux de ses associés. L'assemblée générale des actionnaires, réunie le 3 mai prochain, devra trancher, quelques jours après la publication des résultats du 1er trimestre, attendus pour mercredi 27 avril, qui seront scrutés attentivement pour vérifier si oui on non, la stratégie de redressement de Cyril Zimmermann commence à porter ses fruits.

Cyril Zimmermann riposte

Face à ces attaques, Cyril Zimmermann a répliqué avec force. D'abord en annonçant, le 8 avril dernier, le lancement d'une action en justice contre Benjamin Jayet pour "diffusion d'informations fausses ou trompeuses", auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris.

Puis, le 15 avril, les membres du conseil d'administration ont apporté leur soutien à Cyril Zimmermann. Dans un communiqué, ils ont accusé Benjamin Jayet de "chercher à renverser la gouvernance de HiMedia dans le seul but de prendre le contrôle de la société, et de façon indirecte de HiPay Group [la société-sœur d'HiMedia, spécialisée dans le micro-paiement, détenue à 20% par HiMedia et concurrente de Gibmedia, une société de Benjamin Jayet, NDLR], sans en payer le prix ni faire d'offre publique". Et d'annoncer dans la foulée que si les actionnaires décidaient l'éviction de Cyril Zimmermann, l'ensemble des membres du conseil d'administration présenteraient leur démission.

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Le passé judiciaire de Benjamin Jayet ressurgit

Place désormais à la troisième offensive. Selon une information de La Tribune, des actionnaires pro-Zimmermann se sont procuré des documents, que La Tribune a pu consulter, révélant les antécédents judiciaires de Benjamin Jayet. L'objectif ? Lâcher une boule puante pour casser l'image de "chevalier blanc" de Jayet auprès des actionnaires indécis ou qui seraient tentés de le soutenir lors du vote du 3 mai.

Ces documents visent à exposer ce qui serait le vrai visage de Benjamin Jayet. Il est notamment fait mention d'une condamnation, datée du 17 février 2011, par le Tribunal de Grande Instance de Toulouse, pour "publicité mensongère de nature à induire en erreur". Les faits remontent de mars à mai 2004, lorsque Benjamin Jayet dirigeait la société Infoline. Les documents du tribunal expliquent que cette société avait mené une "intense campagne publicitaire dans des journaux gratuits" diffusés dans 90 départements, avec de fausses annonces d'emploi "destinées à susciter des appels vers des serveurs télématiques aux numéros surtaxés et aux arborescences conçues pour les faire durer sans raison réelle". Verdict: quatre mois d'emprisonnement avec sursis et une amende de 5.000 euros au pénal, ainsi que 2.400 euros de dommages et intérêts au civil.

D'autres documents mentionnent une ordonnance de la Cour d'appel de Toulouse, portant sur la reconnaissance d'une présomption de fraude fiscale de la part de la société Gibmedia, dirigée par Benjamin Jayet, ainsi que plusieurs autres procédures en cours contre Gibmedia.

"Aucun rapport"

Contacté par La Tribune, Benjamin Jayet dénonce une entreprise de déstabilisation:

"Cela n'a strictement aucun rapport. J'ai pu dans le passé faire des choses, et l'annonce d'emploi en question est fort regrettable, mais cela n'a aucun rapport avec HiMedia. Que Benjamin Jayet ait volé des bonbons dans le passé ou soit en litige juridique avec tel ou tel car il n'est pas un homme sur lequel on peut marcher et il n'aime pas se laisser faire, soit. Mais je ne vois pas le rapport avec l'action que je mène, qui est de renouveler la direction d'HiMedia pour qu'enfin cette société arrive à se développer fortement. J'espère qu'un actionnaire avisé ne trouvera pas d'intérêt à cette information".

L'entrepreneur en profite pour répondre à une interrogation que se posent de nombreux actionnaires, à savoir le rôle qu'il souhaite jouer dans le futur HiMedia si ses résolutions sont acceptées le 3 mai. "Mon passé judiciaire, qui comporte une seule condamnation, pourrait poser problème si je briguais un poste de responsable chez HiMedia, mais ce n'est absolument pas mon intention", affirme-t-il.

Benjamin Jayet réfute également les intentions que lui prêtent Cyril Zimmermann et ses associés, à savoir qu'HiPay, actuellement fortement sous-valorisée en raison des turbulences que traverse le groupe, serait sa véritable cible. "Je ne sais pas pourquoi Cyril Zimmermann dit cela. Ma cible n'est pas HiPay mais la défense des actionnaires, à commencer par moi. Si je voulais prendre le contrôle d'HiPay, j'irai sur les marchés acheter des actions", se défend-t-il.

"A 7% du capital, je suis moins audible qu'à 16%"

Quant à la raison pour laquelle il ne cesse de monter au capital d'une société dont il critique la descente aux enfers et dont il ne partage pas la vision, Benjamin Jayet l'explique par sa volonté de "peser". "Si vous voulez influer sur l'avenir d'une société à la dérive, il faut être audible. A 7% du capital, je suis moins audible qu'à 16%", affirme-t-il, tout en précisant que "l'objectif d'obtenir 15% des droits de vote étant atteint, je ne compte pas poursuivre la montée au capital".

Reste une question très peu abordée et pourtant cruciale : la stratégie de Benjamin Jayet pour redresser HiMedia s'il venait à exclure Cyril Zimmermann. "La première des choses est d'installer un dirigeant compétent, légitime et disponible, qui ne gère pas son entreprise située à Paris depuis San Francisco, ainsi qu'un conseil d'administration indépendant", argue-t-il.

Que veut faire Benjamin Jayet avec HiMedia ?

Quant au fond, Benjamin Jayet promet que le nouveau conseil d'administration définira une stratégie "dans les 100 jours" après le vote du 3 mai. Tout en précisant que HiMedia doit "se concentrer sur les technologies et les formats qui rapportent de la valeur, comme le native advertising, le mobile et la vidéo".

Ce qui est... peu ou prou la stratégie préconisée par Cyril Zimmermann, présentée en juin dernier. "Il n'est peut-être pas la bonne personne pour le faire étant donné qu'en dix mois, il ne s'est rien passé et que HiMedia a poursuivi sa dégringolade", tacle Benjamin Jayet.

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De son côté, Cyril Zimmermann note la réduction des pertes au deuxième semestre 2015 par rapport au premier semestre, avec une perte d'Ebitda qui est passée de 9,74 à 1 million d'euros. Le signe, selon lui, d'un "redressement en cours" qui se caractérisera par "le retour à un Ebitda positif en 2016". Les résultats du premier trimestre, qui seront dévoilés mercredi 27 avril, donneront une première indication que tous les acteurs de cette guerre interne attendent de pied ferme... pour différentes raisons.

Sylvain Rolland

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