Le Revenue Based Financing (RBF) est un mécanisme d’avance de trésorerie par la dette mis en place il y a à peine un an en France. Pratique pour les entreprises qui se voient refuser des crédits par leurs banques, cette alternative est rapide, flexible, mais aussi plus chère que les crédits classiques.La gestion d'une start-up n'est pas toujours facile, notamment pour ce qui est de la trésorerie.
Entre l'argent dépensé pour payer un fournisseur ou ses employés et l'argent récupéré avec le paiement d'un client, le temps peut être long et difficile à supporter pour les jeunes entreprises. Pour survivre pendant cette période qui ressemble à une fin de mois difficile version entreprise, les start-up ont besoin de fonds de roulement, autrement dit, d'un matelas permettant d'attendre les paiements clients.
Pour trouver du cash, elles peuvent logiquement penser à faire appel aux crédits bancaires. Mais financer un besoin de trésorerie par une banque quand on est une jeune entreprise peut s'avérer difficile. « Pour nous développer rapidement et recruter de nouveaux salariés, il nous fallait des réserves d'argent. On a d'abord pensé au financement bancaire mais c'est assez difficile en réalité par le système traditionnel », confie Nicolas Jaulin, le PDG de Pysae, une entreprise lancée en 2014, qui fournit des logiciels de services pour les opérateurs de transports publics, qui a déjà réalisé une levée de fonds en 2016. Si Pysae affiche une croissance de 30 à 50% d'après son fondateur, ces très bonnes perspectives n'ont pas réussi à convaincre les banques. Ces dernières accordent en effet leurs prêts en fonction des actifs et du bilan financier des entreprises qui sont généralement faibles pour les petites entreprises numériques.
Une alternative aux crédits traditionnels pour les PME numériques
Face à cet angle mort du crédit bancaire, les start-up peuvent se tourner vers les levées de fonds auprès, par exemple, des sociétés de capital-risque. « On a fait une levée de fonds en 2016 pour nous développer mais on ne souhaite pas en refaire pour l'instant car cela nous oblige à nous séparer d'une partie du capital (et donc du pouvoir de gouvernance de l'entreprise, NDLR) », explique Nicolas Jaulin. Il est aussi plus difficile de lever des fonds en cette fin 2022. D'après l'étude « State of European Tech », publiée par le fonds britannique Atomico le 7 décembre, les levées de fonds en Europe ont reculé de 18 % en 2022 par rapport à 2021. Autant de facteurs qui ont poussé l'entrepreneur à se tourner vers une solution alternative apparue il y a un an seulement en France : le Revenue Based Financing (RBF) ou financement basé sur les revenus.