Faillites d’entreprises : « nous allons vers un scénario plus proche de 2008 que de 2019 »

Maxime Heuze
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RAPHAEL SATTER

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RAPHAEL SATTER
Vague de consolidation en vue. C'est ce que prévoit la dernière étude du cabinet de conseil AlixPartners consacrée aux restructurations d'entreprises. Parmi les 600 financiers et autres avocats du monde entier interrogés, 75% d'entre eux (et 71% des professionnels français) estiment en effet que le nombre d'opérations de fusion et d'acquisition d'entreprises en difficulté va augmenter au cours des 12 prochains mois.
Si les banquiers estiment que les rachats d'entreprises mal en point vont augmenter, c'est avant tout parce que la base de comparaison est très basse. En France par exemple, seules 35.465 faillites d'entreprises ont été recensées en août par la Banque de France, soit un repli de 30,7% par rapport au même mois de l'année 2019. Un climat financier anormalement doux alors même que nombre d'entreprises ont vu leurs bénéfices s'effondrer à cause de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières. Mais les nuages s'amoncellent sur les entreprises. Alors que le risque de récession l'an prochain se précise, la réduction, voire la fin des soutiens publics comme les fameux prêts garantis par l'Etat (PGE), menace leur pérennité. Et ce au moment où un grand nombre d'entreprises qui avaient contracté un PGE vont devoir commencer à rembourser leurs dettes
« La question, c'est la sortie du quoi qu'il en coûte au moment où les taux d'intérêt remontent et où les conditions d'octroi de crédits deviennent plus restrictives », interroge Laurent Petizon, l'un des auteurs de l'étude.
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Résultat, les sociétés dans l'incapacité de rembourser leur PGE pourraient bientôt se retrouver en faillite. Pour ne rien arranger, 70% des professionnels interrogés (et 57% des français) anticipent une récession dans les 12 prochains mois quand 77% d'entre eux (95% des Français) voient l'inflation continuer d'augmenter. Les spécialistes du cabinet estiment même que le nombre de faillites atteindra un niveau plus élevé qu'en 2019. « Beaucoup d'indices montrent que nous allons vers un scénario plus proche de 2008 que 2019 », ajoute Olivier Sibenaler, le deuxième auteur de l'étude.
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