Winewoo, le "shazam du vin", soupçonné d'avoir siphonné des milliers de données

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Smartcave, l'application téléchargée plus de 100.000 fois à ce jour, a été fondée en 2011 par Audrey Gribelin, une ancienne négociante dont le nom de famille a longtemps été associé à celui du château Fieuzal à Léognan.
Smartcave, l'application téléchargée plus de 100.000 fois à ce jour, a été fondée en 2011 par Audrey Gribelin, "une ancienne négociante dont le nom de famille a longtemps été associé à celui du château Fieuzal à Léognan". (Crédits : Reuters)
La société qui a lancé l'application Winewoo comparaîtra le 15 juin devant la justice. Accusée "d'atteinte aux droits de producteur de données et recel", elle est soupçonnée d'avoir piraté la base de données de sa concurrente Smartcave.

Si les meilleurs vins sont les plus anciens, la première application qui les a recensés, Smartcave, pourrait faire couler la seconde, Winewoo. La bataille judiciaire, opposant les deux startups bordelaises ayant développé une application qui permet de reconnaître un cru et ses caractéristiques en photographiant son étiquette avec son smartphone, débutera le 15 juin prochain, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, révèle le journal Sud Ouest.

Audrey Gribelin, la fondatrice de Smartcave, application créée en 2011 et téléchargée plus de 100.000 fois à ce jour, a décidé d'attaquer en justice la jeune société Kasual Business, créatrice en 2014 de l'application concurrente, Winewoo, pour "atteinte aux droits de producteur de données et recel".

Cave piégée

Winewoo, annoncée comme le "shazam du vin", est accusée de s'être introduit dans la base de données de Smartcave et d'avoir "aspiré" la plupart des fiches de dégustation qui s'y trouvaient.

Audrey Gribelin a découvert ce larcin parce que, spécialement pour lutter contre d'éventuels piratages, elle avait piégé sa base de données en y insérant de fausses fiches: des vins issus de son imagination tels que le château des Espoirs, le château Lympiade ou le château Vieillesse Ennemie. Fausses fiches qu'elle découvre avec stupeur sur l'application Winewoo.

Pas d'intrusion, juste du "copiage"

Après l'avoir fait constater par un huissier en janvier, la créatrice de Smartcave porte plainte auprès de la police, qui a ensuite identifié le "pirate" présumé grâce à son adresse IP. Celui-ci s'avère être un salarié de Kasual Business, la société qui a fondé l'application Winewoo. Dès sa première audition, il reconnaît l'intrusion dans le système informatique de Smartcave et la reproduction de toute la base de données.

 "Je reconnais avoir été avisé par la suite de cette captation de données et ne pas en avoir mesuré les conséquences. Je tiens à préciser qu'il n'y a pas eu d'intrusion illégale mais simplement copiage de données exposées sur le Web. Je reconnais que la SARL Kasual Business a recelé ces données obtenues après les avoir intégrées pour partie, soit 6.608 fiches, dans sa base de données et complétées par la suite", a déclaré David Ducourneau, l'un des dirigeants de Winewoo.

Le tribunal examinera cette affaire au lendemain de l'ouverture de Vinexpo, le salon internationale du vin et des spiritueux.

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Commentaires
a écrit le 05/06/2015 à 5:20 :
Internet qui n'est finalement qu'un moyen de transport supplémentaire, n'a pas fini de nous faire découvrir ce que l'imagination humaine permet. La différence avec les autres moyens de transport c'est que chacun peut créer sa route. Et certains empruntent plus ou moins discrètement la route du voisin.
a écrit le 05/06/2015 à 5:20 :
Internet qui n'est finalement qu'un moyen de transport supplémentaire, n'a pas fini de nous faire découvrir ce que l'imagination humaine permet. La différence avec les autres moyens de transport c'est que chacun peut créer sa route. Et certains empruntent plus ou moins discrètement la route du voisin.
a écrit le 04/06/2015 à 14:46 :
En réponse, veuillez trouver notre communiqué de presse http://bit.ly/1EY9koM
Réponse de le 06/06/2015 à 9:32 :
J'ai lu votre communiqué de presse. Vous dites que ce sont des donnés 'banales'. Mais la loi se fiche bien de savoir si les données sont évidentes à produire ou non. Ce qui est protégé, c'est l'effort consenti pour constituer la base de donnée. Il faut consacrer des ressources à l'acquisition, au classement et à la numérisation des données. C'est cet effort consenti que le législateur a voulu protéger. C'est la même loi qui interdit de siphonner l'annuaire téléphonique pour créer son propre service d'annuaire. Et pourtant, tout le monde peut aller trouver un numéro de téléphone.

« Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende le fait de porter atteinte aux droits du producteur d'une base de données tels que définis à l'article L. 342-1. Lorsque le délit a été commis en bande organisée, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 500 000 euros d'amende ». Article L. 343-1 du Code de la propriété intellectuelle.
a écrit le 04/06/2015 à 10:19 :
Roh le jeu de mots dans le titre!

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