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C'est une rengaine qui revient souvent dans le monde des télécoms : historiquement, les ruptures technologiques ont toujours permis de rebattre les cartes et de faire émerger de nouveaux acteurs. Vers le milieu des années 1990, Bouygues Telecom a profité du boom de la téléphonie mobile pour se faire une place dans le paysage français. Au début des années 2000, Free a à son tour chamboulé le secteur en misant sur des offres ADSL à bas prix. Forcément, avec le déploiement de la fibre optique et l'arrivée du très haut débit, tous les observateurs se demandent si un nouvel acteur d'envergure nationale ne pourrait pas émerger...
Du côté des grands opérateurs, l'hypothèse fait parfois sourire. Interrogé par La Tribune, l'un d'entre eux juge même cette perspective « farfelue ». Pour lui, si l'on n'est pas gros, il n'y a point de salut sur ce marché. Pourquoi ? Primo parce que la fibre optique, « ça coûte très cher » et « ça demande de lourds investissements ». Secundo parce que pour séduire les clients, il faut être capable de dégainer « tout un éventail de services, comme la vidéo à la demande ». Ce que, encore une fois, seuls les « gros » seraient en mesure de proposer.
Et pourtant... Aujourd'hui pour des questions de rentabilité, les grands opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) privilégient le déploiement de la fibre dans les grandes villes et les zones les plus denses du pays. Ils sont beaucoup moins pressés de couvrir les campagnes et les villages, où vit pourtant près d'un Français sur deux. Flairant le filon, des opérateurs alternatifs, souvent peu connus du grand public, tentent de tirer profit de cette situation.
Il faut dire que dans les zones les moins peuplées du territoire, ce sont les collectivités qui déploient leurs réseaux fibrés (appelés Réseaux d'initiative publique ou RIP) en bénéficiant d'aides de l'État. Pour ce faire, ils font appel à des opérateurs d'infrastructures, lesquels se tournent ensuite vers des opérateurs alternatifs grand public pour qu'ils commercialisent leurs offres. C'est le cas de Covage. Présent en Moselle, en Seine-et-Marne et dans le Nord, cet opérateur d'infrastructures déploie sa fibre pour couvrir 385.000 foyers résidentiels.
D'après son président, Jean-Michel Soulier, Covage dispose déjà de plus de 200 opérateurs sur ses réseaux.
À ses yeux, pendant que les « quatre gros » attendent de se projeter vraiment sur les RIP, ces réseaux constituent des opportunités pour les acteurs plus petits, qui peuvent ainsi grappiller des parts de marché.
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Au petit jeu des pronostics, difficile de parier aujourd'hui sur un opérateur plus qu'un autre. D'autant que le déploiement de la fibre dans les campagnes en est encore à ses débuts. Toutefois, on peut citer Coriolis, qui fait montre d'un sacré appétit. L'opérateur, qui compte déjà 400.000 clients Internet fixe et mobile, a de grandes ambitions sur les RIP.
Si Coriolis passe pour un outsider sérieux face aux grands opérateurs, c'est aussi parce qu'il voulait reprendre des activités grand public de Bouygues Telecom lorsque ce dernier voulait se marier avec Orange au printemps dernier. Le groupe, 300 millions d'euros de chiffre d'affaires au compteur, lorgnait les près de 3 millions d'abonnés Internet fixe de l'opérateur de Martin Bouygues.
Parmi les futurs Free, Jean-Michel Soulier évoque Videofutur (ex-cador des vidéoclubs et filiale de Netgem, un spécialiste des décodeurs et de la télévision sur Internet).
Son atout ? Une offre fibre à prix fixe (39,90 euros par mois), mêlant l'Internet à très haut débit, la télévision, et plus de 15.000 films en VOD.
D'après lui, les opérateurs alternatifs ont une jolie carte à jouer.
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Aujourd'hui, plusieurs opérateurs alternatifs affichent la même stratégie que Coriolis et Videofutur. S'ils continuent à grossir et, pourquoi pas, finissent par se racheter, l'un d'entre eux pourrait bien, un jour, atteindre une taille suffisante pour titiller les quatre gros. Sous ce prisme, la bataille du très haut débit pourrait réserver quelques surprises.
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