Très haut débit : Bouygues Telecom compte sur Axione pour rattraper son retard

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Martin Bouygues, à la tête du groupe éponyme, et de Bouygues Telecom.
Martin Bouygues, à la tête du groupe éponyme, et de Bouygues Telecom. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Très en retard sur le déploiement de la fibre optique et le très haut débit fixe, Bouygues Telecom négocie actuellement avec Axione, une filiale de sa maison-mère spécialisée dans le déploiement des réseaux, pour commercialiser ses offres dans les zones les moins peuplées du territoire.

Serait-ce (enfin) le déclic ? En retard dans l'Internet fixe à très haut débit, Bouygues Telecom négocie, d'après nos informations, avec Axione, une filiale de sa maison-mère spécialisée dans le déploiement de réseaux en fibre optique. Concrètement, l'opérateur souhaiterait proposer ses offres dans les Réseaux d'initiative publique (RIP) d'Axione. Pour mémoire, les RIP couvrent 43% de la population française. Ils ont vu le jour dans le cadre du Plan France Très haut débit, qui vise à offrir l'Internet très haut débit à tous à horizon 2022. Ces RIP couvrent les campagnes et les zones les moins denses du territoire. Comme ces zones ne sont pas rentables pour les grands opérateurs, les collectivités y déploient leurs réseaux en bénéficiant d'aides de l'Etat.

Ici, des opérateurs dits d'« infrastructures », plus petits que les grands FAI traditionnels, bataillent pour décrocher ces réseaux lors d'appels d'offres. S'ils emportent la mise, ils ont la charge de déployer les infrastructures, puis de remplir les tuyaux avec les offres des grands opérateurs, car ils n'ont bien généralement pas - ou peu - de clients sur le marché grand public. Or Axione est un des opérateurs d'infrastructures de premier plan sur les RIP. Il est ainsi présent en Ardèche, dans le Limousin, dans la Drôme ou dans l'Aisne, précise-t-il sur son site Internet.

Le début d'une stratégie offensive

« Les 17 réseaux d'initiative publique opérés par Axione représentent 800 millions d'euros d'investissements publics/privés, 6.500 communes desservies en haut débit, soit 7 millions d'habitants », lit-on.

Si les négociations avec Axione aboutissent, ce serait une première pour Bouygues Telecom qui n'est pour l'heure pas présent sur les RIP, au contraire, par exemple, de ses concurrents Orange et SFR. Surtout, cela pourrait être le début d'une stratégie offensive de Bouygues Telecom sur le très haut débit, alors qu'il ne mise pour l'heure que sur des offres ADSL à prix cassé. Aux yeux de tous les observateurs, c'est précisément son retard dans la fibre qui l'a poussé à tenter de se vendre à Orange au printemps dernier. A ce sujet, un cadre de Bouygues déclarait il y a peu à La Tribune : « On oublie souvent un peu vite que Bouygues Telecom est rattaché à un groupe d'envergure [Bouygues, Ndlr]... » Sous ce prisme, une alliance avec Axione pourrait sonner le début d'un rattrapage. Et une manière de signaler à la concurrence qu'il faudra bien compter sur Bouygues Telecom dans le très haut débit fixe.

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Commentaires
a écrit le 22/08/2017 à 14:46 :
Elle est bien bonne celle la! Axione n'est même pas capable de réparé une ligne adsl en panne. Vu le soucis que j'ai avec eux actuellement, j'en vois le résultat. En panne depuis 1 mois et demi. Et bien sur la ligne est géré par Axione.
a écrit le 29/06/2016 à 0:23 :
Dans le contexte très réglementé à travers l'ARCEP du déploiement réseau Fixe Très Haut Débit, il y a d'un côté le rôle d'Opérateur d'Infrastructure et de l'autre le rôle d'Opérateur Commercialet. Hors, dans ce cadre réglementaire, l'Opérateur d'Infrastructure doit une équité de traitement vis-à-vis de tous les Opérateurs Commerciaux, je ne vois donc pas comment l'Opérateur Commercial Bouygues telecom pourrait "négocier" avec Axiome Opérateur d'Infrastructure de RIP. Cela serait une discrimination d'Axiome entre les différents Opérateurs Commerciaux et ça, l'ARCEP veille pour que cela ne soit pas le cas.
Si ce sont des négociations comme tout Opérateur Commercial peut avoir avec un Opérateur d'Infrastructure dans le cadre des échanges inter-op pour co-investissement des infrastructures, alors cet article manque de précision.
a écrit le 27/06/2016 à 17:56 :
Il a fallu 25 ans aux PTT nationalisés pour réaliser l'essentiel de l'installation du réseau filaire téléphonique jusque dans les petits villages.

La privatisation, qui enlève aux opérateurs l'obligation de relier par fibre les secteurs non-rentables est en train de déséquilibrer des pans entiers de territoire qui ne sont accessibles qu'à l'ADSL (et encore, avec des débits dégradés).

La privatisation en matière d’infrastructures est une énorme c........ Le privé accapare les secteurs faciles et rentables. Il laisse au public la charge d'équiper le reste sans pouvoir équilibrer ses comptes grâce aux secteurs rentables.

Appauvries, les entreprises publiques sont obligées d'augmenter leur tarifs et perdent de nouveaux client, et finalement il n'y a plus personne pour assurer l'égalité d’accès des citoyens aux infrastructures de base.

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