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Masayoshi Son, le Xavier Niel japonais qui rêve de dominer le monde

Photo de Giulietta Gamberini

Giulietta Gamberini

Publié le 07 août 2014 à 08:38 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:53

Masayoshi Son, Softbank

Masayoshi Son, le fondateur et PDG de SoftBank DATE IMPORTED:17 June, 2014SoftBank Corp. Chief Executive Masayoshi Son attends a roundtable discussion with journalists at its headquarters in Tokyo June 17, 2014. Son, who has met resistance from U.S....

Reuters

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Photo d'illustration de l'article
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Le fondateur et PDG du fournisseur d'internet japonais Softbank, qui contrôle l'opérateur télécoms américain Sprint, convoitait T-Mobile bien avant Xavier Niel. Les deux hommes ont bien davantage en commun que le simple rejet de leur offre.

Plus qu'un rival, il est quasiment un alter ego. Masayoshi Son, le fondateur et PDG du leader asiatique du web SoftBank, qui depuis 2013 contrôle l'opérateur de télécom américain Sprint Nextel Corp, partage plus avec Xavier Niel que la seule envie d'acquérir T-Mobile US.

>>Le Free Mobile américain bientôt avalé par le numéro trois du marché

Pour commencer, les deux hommes sont milliardaires. Le Japonais, avec un patrimoine de 19,7 milliards de dollars selon Forbes, serait d'ailleurs plus riche que le patron de Free, dont les avoirs sont estimés par le site américain à 8,1 milliards. En avril 2014, Forbes lui a même attribué la médaille d'or de l'homme le plus riche du Japon.

Mais surtout, Masayoshi Son est, comme Xavier Niel, un self-made man du secteur de l'internet et des télécommunications, devant son succès à son appétence pour la nouveauté et le goût du risque.

L'enfant pauvre d'une famille d'immigrés coréens

Quand, le 11 août 1957, il naît à Tosu, dans l'île nippone de Kyushu, d'une famille d'immigrés coréens, Son Jeong-ui (son nom de naissance coréen) est pauvre et n'a même pas droit à la nationalité japonaise. Les activités peu rentables de son père se résument à l'élevage de porcs et à la distillation illégale d'alcool, rapporte le Wall Street Journal. Mais, très tôt, Masayoshi Son fait preuve d'une ambition affirmée.

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Le site Zonebourse rapporte notamment que, à peine âgé de 16 ans, sans rendez-vous, il serait allé à la rencontre de son idole Den Fujita, le fondateur et président visionnaire de Mac Donald Japon. C'est d'ailleurs un conseil de celui-ci qui aurait changé à jamais le destin de Son: Den Fujita lui aurait recommandé d'étudier l'anglais et de s'orienter vers l'industrie informatique.

Diplômé en économie à Berkeley

C'est ainsi que l'adolescent, malgré l'opposition de sa famille, déménage aux États-Unis, en Californie, où il finit son lycée et s'inscrit ensuite à la prestigieuse Université de Berkeley. Il en ressort en 1980 avec un diplôme d'économie en poche, ainsi que de solides connaissances en informatique.

Ses années de fac n'auront pourtant pas été uniquement consacrées à ses études. Encore à Berkeley, il conçoit ainsi et fait breveter un traducteur électronique activé par la voix, dont il imagine la commercialisation dans les aéroports. Il le vend à Sharp Electronics pour quelque 500.000 dollars, selon le WSJ. Le quotidien américain rapporte également qu'il aurait gagné des dizaines de milliers de dollars par mois en gérant des jeux vidéo d'arcades.

Des investissements en série dans des "start-up"

De retour au Japon, en 1981, à seulement 23 ans, Masayoshi Son fonde Nihon Softbank, un distributeur de software, et en 1990 il obtient enfin la reconnaissance qu'il attendait: la citoyenneté japonaise.

Mais le jeune entrepreneur ne s'arrête pas là. Il commence rapidement à investir dans des centaines de start-up, parmi lesquelles - à l'époque - Yahoo!, dans laquelle il investit 100 millions de dollars en 1996. Il crée ainsi Yahoo! Japan, dont il est toujours le président du conseil d'administration.

Au cofondateur de Yahoo Jerry Yang, qui se serait contenté de 5 millions de dollars et ne voyait pas l'utilité de 100 millions, Son aurait lancé:

"Jerry, tout le monde a besoin de 100 millions!"

L'intuition du potentiel d'Alibaba

Quatre ans plus tard, il mise sur un autre petit site chinois: Alibaba, fondé par Jack Ma, dans lequel il investit 20 millions de dollars. Après la présentation par Jack Ma de son business plan, Son aurait répliqué:

"Vous devriez dépenser plus d'argent plus vite!"

Lorsque sept ans plus tard la société sera introduite en Bourse, SoftBank encaissera une plus-value latente de plus de 3 milliards de dollars. Encore aujourd'hui, la société possède un tiers du site chinois, pour une valeur de 58 milliards de dollars selon Bloomberg.

En 2003, Softbank devient le premier fournisseur d'accès internet au Japon. Il contrôle à présent quelque 1.300 sociétés, rapporte le même site américain, dont Japan Telecom et Vodafone Japon.

Un autre "trublion"

Masayoshi Son a néanmoins un autre point en commun avec Xavier Niel. Comme le Français, il jouit aussi d'une autre réputation qui accompagne son aura d'homme d'affaires talentueux: celle de "trublion". En achetant en 2013 pour 22 milliards de dollars Sprint Nextel Corp, il a ainsi notamment "cherché la bagarre" avec AT&T et Verizon Wireless, les deux géants américains des télécoms, écrit le WSJ.

Le Japonais n'a d'ailleurs pas hésité à promettre une guerre des prix dans le cas où son offre informelle sur T-Mobile, qui aurait permis de donner corps à un marché à trois opérateurs, avait réussi, en suivant la stratégie déjà appliquée au Japon et à l'instar de ce que Xavier Niel a fait en France. Et, pour convaincre de la pertinence de son offre, il n'a pas hésité à se montrer à la télévision américaine, à s'exprimer publiquement et à faire du lobbying auprès des autorités de régulations, indique Bloomberg.

"Son n'est pas patient"

"Son n'est pas patient. Son veut toujours être plus grand et ne se contente pas du statu quo", observe le directeur général d'une société de gestion d'actifs japonaise, citée par Bloomberg."Son ne veut pas se limiter à être le n°1 mondial de la téléphonie mobile. Il veut devenir la première entreprise du monde",affirme un autre analyste japonais cité par lemême site.

Pour l'instant pourtant, il devra s'apaiser, comme d'ailleurs son rival Xavier Niel, les deux offres concurrentes sur T-Mobile US ayant été rejetées.

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>>T-Mobile serait en passe de rejeter l'offre de Free

Giulietta Gamberini

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