A Calais, ASN convertit son usine de câbles sous-marins à la 5G

Alcatel Submarine Networks, le champion français de la fabrication, du déploiement et de l’entretien des câbles télécoms sous-marins vient de doter son usine de Calais d’un réseau 5G privé. Son objectif : numériser différents processus industriels, et gagner en productivité.
Pierre Manière
Onze bâtiments de production de l'usine d'ASN à Calais sont désormais couverts en 5G.
Onze bâtiments de production de l'usine d'ASN à Calais sont désormais couverts en 5G. (Crédits : DR)

Aux yeux de nombreux observateurs, la France est en retard en matière de 5G industrielle. Ce mardi, le think tank DigiWorld estimait même que l'Hexagone était « à la traîne » dans ce domaine, pourtant perçu comme essentiel par les pouvoirs publics pour préserver la compétitivité du pays. Quelques industriels, pourtant, se convertissent à la dernière génération de communication mobile. C'est le cas d'Alcatel Submarine Networks (ASN). Le champion français de la fabrication, du déploiement et de l'entretien des câbles télécoms sous-marins a inauguré, ce vendredi, son réseau 5G privé dans son usine de Calais.

Alain Biston, le président d'ASN, s'est félicité de cette innovation. « Il s'agit de la plus grande usine connectée en 5G d'Europe », affirme-t-il. Ce réseau privé utilise des antennes Nokia (la maison-mère d'ASN) et a été déployé par Free. Il doit permettre à cette usine, qui compte près de 650 employés, de « moderniser et de numériser différents processus industriels » pour gagner en productivité et améliorer les conditions de travail, explique le dirigeant.

« Digitaliser les processus de fabrication »

Concrètement, une cinquantaine d'antennes 5G ont été déployées pour couvrir 50.000 m2 du site industriel. Onze bâtiments, où sont fabriqués les câbles sous-marins qu'ASN déploie ensuite dans toutes les mers du monde, profitent de cet ultra-haut débit mobile. Ce projet, qui a coûté « quelques millions d'euros » affirme Alain Biston, a été initié il y a deux ans, avec un soutien financier du gouvernement.

Quels sont, alors, les bénéfices de la 5G ? ASN affirme que cette technologie a d'abord permis de « digitaliser les procédures de fabrication »« Jusqu'à présent, celles-ci étaient réalisées manuellement, sur papier, précise le groupe. La nouvelle solution permet de connecter les opérateurs en temps réel, sur tout appareil mobile 5G, à l'ensemble des nomenclatures techniques et de production des différents produits, et de mettre à jour les cahiers de production. »

Une maintenance plus efficace

Pour faciliter la maintenance, les opérateurs bénéficient de « lunettes à réalité assistée ». Ce dispositif permet, par exemple, à un technicien de bénéficier, devant sa machine, des conseils en temps réel d'un ingénieur basé à Paris, au centre de recherche et développement d'ASN. Ce dernier peut, grâce à des flux vidéos en temps réel, visualiser exactement ce que voit l'opérateur, et lui expliquer, ou lui montrer, les tâches à effectuer.

Autre cas d'usage : pour optimiser la production de l'usine, ses dirigeants ont régulièrement besoin de connaître le niveau de remplissage des 130 cuves géantes qui servent au stockage des câbles en cours de fabrication. Auparavant, ces mesures étaient relevées à la main, sur des cahiers. Ce qui occasionnait souvent des erreurs. Désormais, ces relevés sont effectués de manière automatique grâce à des lasers connectés en 5G. Ces informations sont ensuite centralisées, et permettent de mieux piloter la production de l'usine.

La 5G « n'est plus une promesse un peu floue »

ASN développe d'autres applications. Certaines visent à réduire la consommation d'énergie, d'autres à anticiper et à détecter les dysfonctionnements sur les lignes de production. D'après Alain Biston, la 5G a également un important atout : elle bénéficie d'un niveau de sécurisation très élevé. Il s'agit, ici, d'un point essentiel dès lors que toutes les machines sont connectées, dans un contexte où les cyberattaques vont crescendo.

Aux yeux de Maxime Lombardini, le vice-président d'Iliad, la maison-mère de Free, le réseau 5G d'ASN démontre que cette technologie « n'est pas une promesse un peu floue, mais permet des améliorations très concrètes ». Même son de cloche pour Pierre-Gaël Chantereau, le PDG de Nokia France. Le dirigeant se dit « particulièrement fier » de ce projet, et espère, bien sûr, qu'il fera des émules dans l'Hexagone.

Pierre Manière

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Commentaires 3
à écrit le 12/12/2022 à 9:14
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Et après la 5G ce sera quoi....

à écrit le 12/12/2022 à 8:34
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Les médias de masse sont ce qu'ils sont. Ils pourraient effectivement être différents mais alors ce ne serait pas pareils. Quant à l'énergie qui pourrait être économisée, cela n'est pas évident car nombreux ont des capteurs solaires dans leur rédacti...

à écrit le 12/12/2022 à 8:34
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C'est vrai ! La France est une très grande puissance, tellement qu'elle pourrait le devenir encore plus ! Pour cela il faudrait appuyer sur l'accélérateur au lieu d'avoir le pied sur le frein. Et revenir à une boite de vitesse manuelle au lieu de l'a...

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