Corruption en Irak: Ericsson dans le collimateur de la justice suédoise
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Depuis les révélations sur cette affaire irakienne, Ericsson a brûlé un quart de sa valeur en Bourse.
Olof Swahnberg
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Depuis les révélations sur cette affaire irakienne, Ericsson a brûlé un quart de sa valeur en Bourse.
Olof Swahnberg
Les nuages noirs s'accumulent au-dessus d'Ericsson. Le numéro deux mondial des équipements télécoms est désormais sous le coup d'une enquête de la justice suédoise concernant de possibles faits de corruption en Irak ces dernières années. Les investigations ne font que débuter. Interrogé par l'AFP, un magistrat estime que la justice a « de bonnes raisons de croire que des faits de corruption auraient pu être commis en Irak », ce qui justifie « l'ouverture d'une enquête préliminaire ».
En février dernier, c'est Ericsson, lui-même, qui a publié les conclusions d'une enquête interne visant à lever le voile sur ses malversations en Irak entre 2011 et 2019. L'équipementier a, en réalité, été forcé de sortir du bois, en amont de la sortie d'une vaste enquête de presse coordonnée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Quoi qu'il en soit, Ericsson a bien constaté « de nombreux comportements répréhensibles liés à la corruption » de ses employés, vendeurs et fournisseurs en Irak. Surtout, l'industriel suspecte que ses troupes ont versé des pots-de-vin à l'Etat islamique, afin de contourner les douanes dans ce pays.
L'affaire a déjà largement affaibli le groupe, qui a vu un quart de sa valeur s'évaporer en Bourse. Celle-ci suscite aussi le courroux de ses actionnaires. Au point que ceux-ci ont décidé, lors d'une assemblée générale le mois dernier, de ne pas apporter un soutien suffisant à une résolution déchargeant les dirigeants du groupe, dont le PDG Börje Ekholm, de leur responsabilité juridique à titre individuel. Ce qui signifie, en clair, qu'ils risquent d'être poursuivis en justice.
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Si les actionnaires sont si remontés, c'est parce qu'Ericsson a déjà de lourds antécédents en matière de corruption. Ceux-ci ont récemment coûté très cher au champion suédois des télécoms. Ericsson a été contraint de payer une colossale amende de 1 milliard de dollars, en décembre 2019, à la justice américaine. Ce chèque devait mettre un terme à des poursuites de corruption dans cinq pays - Djibouti, la Chine, le Vietnam, l'Indonésie et le Koweït - dans le cadre d'un accord transactionnel.