Orange se mobilise pour faire éclore les usages de la 5G

Au salon Viva Technology, l’opérateur historique a vanté ses collaborations avec les startups, perçues comme un important catalyseur des cas d’usage de la nouvelle génération de communication mobile.
Pierre Manière

4 mn

Michaël Trabbia, le patron de l'innovation d'Orange.
Michaël Trabbia, le patron de l'innovation d'Orange. (Crédits : DR)

Depuis les premiers lancements commerciaux de la 5G en France, en novembre 2021, cette technologie ne constitue pas encore un « must have ». Aujourd'hui, la 4G suffit amplement pour bénéficier de tous les services numériques. Cela n'inquiète cependant pas les opérateurs. Tous sont persuadés que la 5G finira progressivement par s'imposer à mesure que le déploiement se poursuit. Mais aussi, et surtout, que des usages spécifiques feront leur apparition. C'est précisément pour accompagner ces nouveaux services numériques nécessitant la 5G qu'Orange a lancé, en février 2021, son initiative « 5G Lab ».

Au salon Viva Technology, qui s'est ouvert ce mercredi à Paris, Orange a largement vanté cette initiative. Celle-ci consiste à ouvrir des espaces en France et en Europe pour recevoir les entreprises et startups désireuses d'intégrer la 5G. L'opérateur en compte dix en France (à Châtillon, Lille, Marseille, Toulouse, Rennes, ou encore Toulouse), et trois à l'étranger (à Anvers, Bucarest et Varsovie). Orange met à disposition son expertise technologique et ses contacts dans l'industrie des télécoms pour accompagner les entreprises dans leurs projets 5G. A en croire Michaël Trabbia, le patron de l'innovation d'Orange, l'initiative a eu « un succès assez incroyable ». Plus de 1.000 entreprises sont entrées en contact avec l'opérateur, et 114 startups ont intégré la 5G dans leurs produits et services, précise-t-il.

La 5G, une voie vers l'industrie 4.0

D'après Michaël Trabbia, plusieurs cas d'usage ont déjà vu le jour. « Dans l'industrie, beaucoup de startups amènent des solutions innovantes », se félicite-t-il. Il évoque notamment le développement de la « maintenance augmentée ». Cela permet à des techniciens équipés de lunettes en réalité augmentée de bénéficier, en temps réel, d'informations sur leurs interventions, ou de profiter des conseils d'un expert à distance. « Cela améliore la sécurité, la performance et la rapidité des interventions », affirme le patron de l'innovation d'Orange. Le « computer vision » a, selon lui, aussi le vent en poupe. Un cas d'usage développé avec une startup permet, par exemple, de déceler immédiatement les défauts des produits sur des chaînes de production, grâce à des caméras dopées à l'intelligence artificielle. Ce système de détection des problèmes très en amont permet de réduire les coûts, et de gagner en efficacité.

A Marseille, un 5G Lab a été installé à l'Orange Vélodrome. Il est spécialisé dans le divertissement. Ici, des entreprises travaillent sur de nouvelles manières, plus immersives, de regarder les compétitions sportives. L'objectif est de permettre aux spectateurs de bénéficier d'informations complémentaires sur les joueurs, ou de « se téléporter » sur le banc de touche, sur les gradins, ou au niveau de l'arbitre, grâce à des caméras à très haute définition.

L'enjeu crucial de la monétisation

En matière de santé, les cas d'usage ne manquent pas. Certaines startups travaillent sur des dispositifs d'ambulances connectées. La solution permet de soigner les patients avant leur arrivée à l'hôpital. De nombreuses applications concernent les villes dites « intelligentes ». Michaël Trabbia évoque le développement des lampadaires connectés. Outre leur capacité à s'allumer et à s'éteindre automatiquement en fonction de la météo, ceux-ci sont pourvus de batteries qui les alimentent lors des pics de consommation. Ils peuvent aussi, poursuit le dirigeant d'Orange, accueillir des caméras de sécurité.

Pour l'opérateur historique, accompagner les usages de la 5G apparaît crucial pour en saisir dès que possible les opportunités. A l'instar de ses rivaux SFR, Bouygues Telecom et Free, Orange, souhaite, bien sûr, assurer au plus vite la monétisation de cette technologie. Outre les lourds investissements pour couvrir le pays en antennes, tous ont déjà déboursé 2,8 milliards d'euros pour acquérir de nouvelles fréquences. D'après l'Arcep, le régulateur des télécoms, la France compte aujourd'hui 3 millions de clients 5G en métropole, soit deux fois plus qu'il y a un an. En face, le nombre d'utilisateurs des réseaux 4G s'élève, lui, à 66 millions.

Pierre Manière

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