Procès Tapie  : l’« immense soulagement » de Stéphane Richard

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Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'est montré heureux, ce mardi, de voir « [son] innocence totalement reconnue par [le] tribunal ».
Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'est montré heureux, ce mardi, de voir « [son] innocence totalement reconnue par [le] tribunal ». (Crédits : Reuters)
Le PDG de l’opérateur historique n’a pas caché, ce mardi, sa satisfaction suite à sa relaxe dans le procès de l’arbitrage Tapie. Il jouait ni plus plus ni moins que sa casquette de chef de file du numéro un français des télécoms.

Il n'a pas boudé son plaisir. Dans la foulée de sa relaxe, ce mardi, dans le procès de l'arbitrage contesté en faveur de Bernard Tapie concernant son contentieux avec le Crédit Lyonnais, Stéphane Richard a d'emblée témoigné de son « immense soulagement »« J'ai vécu pendant des années avec cette accusation contre moi », a affirmé le PDG d'Orange, logiquement heureux de voir « [son] innocence totalement reconnue par [le] tribunal ». Dans cette affaire, Stéphane Richard était jugé pour « complicité d'escroquerie » dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui avait accordé à Bernard Tapie plus de 400 millions d'euros en 2008. Au mois d'avril, le ministère public avait requis trois ans de prison - dont 18 mois avec sursis -, 100.000 euros d'amende et l'interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans contre le chef de file de l'opérateur historique.

Il estimait que Stéphane Richard, qui était directeur de cabinet de la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde au moment des faits, avait eu une importante responsabilité. Le dirigeant avait été jugée coupable de négligence (mais dispensé de peine) en décembre 2016 par la Cour de justice de la République pour avoir renoncé à un recours contre l'arbitrage. Mais pour le tribunal, la preuve n'a pas été apportée qu'il ait utilisé ses fonctions de directeur de cabinet ou manœuvré pour favoriser les intérêts de Bernard Tapie.

Des personnels « soulagés »

Stéphane Richard jouait ni plus ni moins que sa casquette de dirigeant d'Orange. Le patron avait indiqué, lors du renouvellement de son mandat à la tête de l'opérateur historique au printemps dernier, qu'il le remettrait au conseil d'administration en cas de condamnation. Et ce, même si les statuts du groupe ne prévoient normalement pas de révocabilité du président. Pour rappel, si le gouvernement avait soutenu le renouvellement de Stéphane Richard en tant que PDG d'Orange, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, s'était montré catégorique : « S'il y a une condamnation de Stéphane Richard à un moment donné, il remettra immédiatement son mandat », avait-il affirmé sur BFM-TV.

Dans un communiqué, la CFE-CGC et l'Association pour la défense de l'épargne et de l'actionnariat des salariés d'Orange (ADEAS) se sont félicités de la relaxe du patron du numéro un français des télécoms.

« Les personnels sont soulagés de garder Stéphane Richard comme PDG d'Orange, écrivent-ils. [Celui-ci] pourra poursuivre son mandat plus sereinement et se consacrer pleinement aux nouveaux défis qui attendent Orange : la fibre pour tous les territoires, la 5G, l'évolution d'Orange en opérateur numérique au travers d'Orange, d'Orange Cyberdefense et en Afrique. »

La CFDT s'est aussi réjouie de cette continuité dans un « contexte concurrentiel et sectoriel bousculé » et dans l'attente de l'annonce d'un nouveau plan stratégique à cinq ans fin 2019. Dans un message interne, Stéphane Richard a pour sa part remercié « les femmes et les hommes d'Orange qui [l'ont] soutenu sans faille ».

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 10/07/2019 à 14:26 :
Le sourire carnassier du sieur richard en dit long.
Justice aux ordres. Ahurissant.
A vomir, beurk et rebeurk.
a écrit le 10/07/2019 à 9:57 :
Que de perte de temps et d'argent pour les uns et de gains pour d'autres, c'est toujours "le public" qui perd a la fin!
a écrit le 09/07/2019 à 20:10 :
Le copinage et la justice en France c'est comme la fausse noblesse selon le Duc de Brissac : "Un cent de carte de visite, dix ans de ridicule, et puis c'est fait"
Réponse de le 10/07/2019 à 9:49 :
Ne serait ce pas plutôt
"Bonne chasse et bon vin font bon ménage"
a écrit le 09/07/2019 à 20:03 :
Le règne de Sarkozy a été entaché de bien des dérives politico-financières dont la ministre de l'économie et son entourage ont été les témoins, quand ce n'est pas les complices.

Il aurait été dommage que ceux ci se sentent obligés de parler.
Réponse de le 10/07/2019 à 8:26 :
Ce n'est pas la première fois que des prétendues dérives du règne de Sarkozy se terminent par des relaxes en bonne et due forme (affaire Bettencourt, hippodrome de Compiègne...) parce qu'une bonne partie relève de la spéculation journalistico-judiciaire. On ne parle même plus d'éventuel procès de l'affaire Karachi... Et on peut parier que la série des procès se terminant en relaxe est loin d'être finie. Et comme on est en France, on ne se posera pas la vraie question des dysfonctionnements de la justice dans la pure tradition des errements du juge Pascal, mais on fera dire au bon peuple "selon que vous serez puissant ou misérable"...
Réponse de le 10/07/2019 à 14:44 :
Sarkozy ne pouvait pas. Vraiment être coupable de malversations vu son incompétence en économie, n'a t'il pas bradé l'or de la banque de France alors que ce métal est essentiel pour l'industrie électronique et ne pouvait que prendre de la valeur et beaucoup.
a écrit le 09/07/2019 à 18:43 :
Il était important que la réputation de Lagarde soit rénovée et que Richard soit maintenu à son poste de PDG. En outre, condamner Tapis, serait considéré comme cruel, vu son état de santé. Le peuple est toujours bonne pâte avec ceux qui les roulent dans la farine avec délicatesse. Le pouvoir, qui contrôle la justice, n'avait rien à gagner à ce procès. L'escroquerie correspond à des charges précises qui n'ont rien à voir avec l'arrangement politico-financier, Sarkozy-Tapie - Si le parquet voulait la relaxe en faisant semblant d'être pugnace pour la galerie, c'est ce qu'il fallait faire. Les juges ont joué le jeu et tout le monde est content. Lorsque les charges sont réelles et prouvées contre les hommes politiques proche du pouvoir, le parquet aux ordres de par la Constitution, se montre moins audacieux. Les gilets jaunes condamnés à la prison pour des broutilles montées en épingle, apprécieront.
a écrit le 09/07/2019 à 17:53 :
Orange est sauvé.....presque

Voilà une prise de fonction qui passe mal. Le 1er janvier 2019, Claire Scotton, ancienne directrice adjointe du cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a été nommée à l’un des plus hauts postes chez l’opérateur télécom Orange. Plus précisément à celui de Directrice Groupe Prospective, Stratégie et Solutions RH, soit le “N-2” de Stéphane Richard, le PDG d’Orange et “N-1” des membres du Comité Exécutif. Cependant, le nouveau poste de Claire Scotton ne lui aurait pas été attribué dans les règles à en croire Sébastien Crozier, le président de la CFE-CGC Orange, contacté par Capital. “Contrairement à ce qu’impose la Convention collective nationale des télécommunications, le poste n’a pas été proposé en interne pour permettre à un collaborateur de candidater”, dénonce-t-il.

Mais, ce n’est pas le seul problème. Pour le président de la CFE-CGC Orange, Claire Scotton n’a pas les compétences requises pour un tel poste. “Elle ne connaît pas le secteur des nouvelles technologies et ses compétitions, ni les entreprises internationales ou même le secteur privé”. En effet, Claire Scotton a occupé un poste à la direction générale de la sécurité sociale puis à la direction générale du travail, avant d’avoir travaillé comme directrice adjointe au cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, jusqu’à décembre.Claire Scotton touchera entre 250.000 et 300.000 euros par an tout compris avec les salaires, primes, retraites complémentaires, soit trois fois plus que lorsqu’elle était au ministère du Travail.
a écrit le 09/07/2019 à 15:34 :
Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
a écrit le 09/07/2019 à 15:28 :
"Dans un communiqué, la CFE-CGC et l'Association pour la défense de l'épargne et de l'actionnariat des salariés d'Orange (ADEAS) se sont félicités de la relaxe du patron du numéro un français des télécoms".

Pour résumer des cadres et de actionnaires d'Orange sont contents de pouvoir continuer à s'empiffrer ,et les autres categories un avis ?

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