Scopelec, la chute d’une coopérative trop dépendante d’Orange
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Des employés de Scopelec lors d'une manifestation à Paris, en avril dernier.
Reuters
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Des employés de Scopelec lors d'une manifestation à Paris, en avril dernier.
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Pour les salariés de Scopelec, cette issue constitue une nouvelle gifle. Placé en redressement judiciaire fin septembre, cet important acteur du déploiement et de l'entretien des réseaux télécoms en France va finalement tomber dans l'escarcelle de son rival Circet. C'est ce qu'a finalement décidé, ce mercredi, le tribunal de commerce de Lyon. Les salariés de Scopelec, dont le siège se situe à Sorèze (Tarn), n'ont pas caché leur déception. Circet prévoit en effet de sauvegarder 1.049 employés sur les 2.300 que compte encore le premier groupe coopératif français. En face, les salariés défendaient une autre option de reprise via leur projet Newscope. Celui-ci aurait permis de préserver plus de 400 emplois supplémentaires. Mais le tribunal en a décidé autrement. Il a jugé le projet de Circet, qui appartient au fonds d'investissement britannique ICG, plus solide financièrement.
L'épilogue est douloureux. Il signe la fin de la descente aux enfers de Scopelec. Celle-ci a débuté à l'hiver 2021. Au mois de novembre, Orange, son principal donneur d'ordres, vient d'annoncer le résultat d'un nouvel appel d'offres concernant le déploiement et l'entretien de ses réseaux Internet fixe. Scopelec va y laisser des plumes. La première SCOP de France, qui compte alors 3.600 employés, perd 65% de ses contrats avec l'opérateur historique, soit 40% de son chiffre d'affaires, qui s'élevait, en 2021, à 475 millions d'euros.
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Scopelec porte immédiatement l'affaire en justice. A ses yeux, les justifications apportées par Orange pour se passer de ses services ne sont pas recevables. L'opérateur historique, lui, souligne que si son sous-traitant a perdu une grosse partie de ses contrats, c'est en raison de la qualité de ses prestations, jugée insuffisantes. Cet épisode intervient alors que la filière télécoms de la sous-traitance, en charge du déploiement de la fibre, est largement pointée du doigt. Elle est tenue pour responsable des malfaçons qui pullulent sur les réseaux. Les opérateurs comme Orange, eux, sont aussi critiqués par les sous-traitants, qui estiment ne pas être suffisamment rémunérés pour leur travail.