Le tribunal des activités économiques de Paris a validé l’accord de restructuration de la dette d’Altice France, ouvrant la voie à la vente de SFR. Les syndicats comptent faire appel.La décision était attendue avec fébrilité, pour ce qui est la plus grosse restructuration que la France ait connue. Ce lundi 4 août, le tribunal des affaires économiques de Paris a entériné le plan de restructuration de la dette d'Altice France, maison mère de l'opérateur télécom SFR, qui prévoit d'écraser sa dette colossale de 24,1 milliards d'euros à 15,5 milliards d'euros.
En plus d'apurer la dette, il repousse les échéances majeures du paiement de la dette d'Altice à 2029 - contre 2025, initialement. De quoi donner de l'air au numéro deux des télécoms français.
Soulagement pour Altice France
En échange, l'accord offre 45% du capital de la nouvelle structure aux créanciers d'Altice France - près d'une trentaine de fonds de crédit et de fonds secondaires, incluant les géants Blackrock, Carlyle, Fidelity, ou encore le fonds activiste Elliott. Les 55 % restants - assortis de sa majorité de contrôle - demeurent entre les mains du propriétaire d'Altice France, l'homme d'affaires Patrick Drahi.
Le tribunal n'a ainsi pas suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé l'exclusion de trois filiales du groupe dont SFR, à l'unisson des demandes des syndicats.
Esther Attias et Amélie Charnay