Trump cède sur son mur pour mettre un terme au "shutdown"

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D'après l'agence de notation Standard and Poor's (S&P), l'économie américaine a perdu au moins six milliards de dollars jusqu'à ce vendredi.
D'après l'agence de notation Standard and Poor's (S&P), "l'économie américaine a perdu au moins six milliards de dollars" jusqu'à ce vendredi. (Crédits : Kevin Lamarque)
Sous le poids d'une avalanche de témoignages poignants, d'une facture grandissante et d'une immense pression politique, Donald Trump a finalement renoncé, pour un temps, au financement de son mur à la frontière mexicaine afin de sortir du "shutdown" le plus long de l'histoire des États-Unis.

Il a finalement cédé. Sous le poids d'une avalanche de témoignages poignants, d'une facture grandissante et d'une immense pression politique, Donald Trump a finalement renoncé, pour un temps, au financement de son mur à la frontière mexicaine afin de sortir du "shutdown" le plus long de l'histoire des États-Unis. Donald Trump a fini par accepter ce que les démocrates exigeaient depuis des semaines: sortir de l'impasse budgétaire avant la reprise de toute négociation sur des mesures de contrôle de l'immigration clandestine. Après plus d'un mois de paralysie touchant 800.000 fonctionnaires, privés de salaire, M. Trump s'est dit "fier" d'annoncer un accord de fin du "shutdown" partiel, prévoyant un financement des services fédéraux jusqu'au 15 février.

Le Congrès a ensuite approuvé vendredi par consentement unanime cet accord, que Donald Trump a signé, a annoncé la Maison Blanche dans la soirée. "Espérons que le président a retenu la leçon", a lancé, victorieux, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. "Il est triste qu'il ait fallu aussi longtemps pour parvenir à une conclusion évidente", a renchéri la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui a renforcé à travers cette crise sa réputation d'habile stratège. Donald Trump a toutefois menacé d'une nouvelle paralysie budgétaire à partir du 15 février si aucun consensus n'était trouvé sur son projet de mur frontalier. Voire de déclarer une situation "d'urgence" qui lui permettrait d'activer des pouvoirs extraordinaires afin de contourner le Congrès.

"Nous n'avons pas d'autre choix que de construire un mur puissant ou une barrière en acier", a-t-il insisté. Pas suffisant toutefois pour apaiser une faction de l'aile droite de sa base. Furieuse que Trump ait temporairement cédé, la très conservatrice et influente polémiste Ann Coulter a ainsi accusé le président d'être une "mauviette". Donald Trump reviendra certainement sur le sujet de l'immigration lors du traditionnel discours sur l'état de l'Union, que Nancy Pelosi avait reporté pour cause de "shutdown". La chef démocrate, à qui il revient d'inviter le président, n'a pas précisé vendredi s'il aurait finalement lieu mardi prochain, comme initialement prévu.

6 milliards de dollars

Juste avant cette annonce, la pression s'était nettement accentuée sur Donald Trump et les parlementaires alors que des milliers de fonctionnaires venaient d'être privés d'un second bulletin de salaire. Ces employés fédéraux seront payés rétroactivement, mais ce n'est pas le cas des nombreux sous-traitants également affectés. De grosses perturbations avaient en perturbé le trafic vendredi dans des aéroports de New York et de Philadelphie à cause du manque de personnel, rajoutant à l'urgence de la situation. Des associations de contrôleurs aériens avaient fait part jeudi de leur inquiétude quant aux conséquences du "shutdown" sur la sécurité dans le transport aérien. Un message alarmant répété en boucle dans les médias américains depuis.

Du côté du monde des affaires aussi les voix indignées avaient redoublé cette semaine pour qu'une solution soit trouvée. D'après l'agence de notation Standard and Poor's (S&P), "l'économie américaine a perdu au moins six milliards de dollars" jusqu'à ce vendredi. Soit "plus que les 5,7 milliards de dollars que la Maison Blanche demandait pour le mur frontalier", soulignent ses analystes. Donald Trump et les républicains, majoritaires au Sénat mais pas à la Chambre, étaient majoritairement tenus pour responsables de la situation, selon les sondages publiés depuis le début de la semaine.

Dans le parti républicain, le malaise était palpable au Sénat face à l'avalanche de témoignages poignants de fonctionnaires et de contractuels. L'aumônier du Sénat avait appelé les parlementaires à agir après les récits de gardes-côtes forcés de recourir à la soupe populaire. Du côté des démocrates, au-delà de la question du mur, il était critique de ne pas céder au tempétueux président de crainte qu'il n'emploie à l'avenir le levier brutal du "shutdown" pour faire passer d'autres projets hautement controversés. "On ne peut pas prendre les Américains en otage", a martelé Chuck Schumer vendredi.

(avec AFP)

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a écrit le 28/01/2019 à 14:20 :
Aux Usa, il y a séparation des pouvoirs et des contre-pouvoirs ; pas en France
a écrit le 27/01/2019 à 15:59 :
Le shut down est bien du au parlement qui ne veut pas voter le budget de fonctionnement de l'administration ou à son refus d'augmenter le plafond de la dette. Un mini budget de fonctionnement a été voté jusqu'au 15 février.
En France quand le budget n'est pas voté, un mini budget d'un douzième par mois s'applique automatiquement. La France est moins démocratique.
La négociation n'est évidemment pas terminée. Une cohabitation de 2 ans s'impose, ce petit exercice démocratique du pouvoir que la république française a éradiqué de la constitution en 2008.
Réponse de le 27/01/2019 à 18:34 :
Ce n'est pas le parlement actuel qui lui a demandé de plomber les comptes par des cadeaux fiscaux extraordinaires aux plus riches et d'exploser le plafond de dette tous les 6 mois

Dans ce bras de fer politique c'est le peuple qui tranche et il a décidé que le coupable c'était Trump.

En attendant que la justice termine le boulot et l'envoie à Rikers Island avec la moitié de sa famille.
Réponse de le 28/01/2019 à 13:49 :
Faux il y avait un accords avant que Donald ne change d'avis à la dernière minute.
La chambre des représentants est restée sur sa ligne point le D Trump lui a voulu jouer le coq et s'est planté
a écrit le 26/01/2019 à 16:17 :
C'est un petit peut rassurant. Les US semblent ne pas avoir totalement décroché au point de passer par dessus la démocratie.
Mais ce n'est qu'un premier round.
Le suivant va être beaucoup plus sanglant. Trump, pervers narcissique à l'ego obèse (merci Macdo) ne va pas vouloir rester sur un échec. Dans l'attente du pire.
Réponse de le 27/01/2019 à 17:17 :
Vous connaissez personnellement Mr Trump ou ne jouez vous que le perroquet de ce que vous entendez?
a écrit le 26/01/2019 à 14:59 :
les temoignages poignant sont ceux des gens qui lui ont dit combien ca coutait au quotidien de jouer a l'ane bate !
a écrit le 26/01/2019 à 13:34 :
Trump a perdu les mid-terms. Simplement il ne s'en rend compte que maintenant apparemment. Le mur a une importance symbolique , il a mis toute ses forces dans ce combat perdu d'avance et l'opposition a été intransigeante : un Stalingrad politique.
Réponse de le 26/01/2019 à 15:51 :
trump a perdu les midterms, vous avez vu jour ça où ...
?Le président américain Donald Trump a revendiqué mardi soir un «immense succès» électoral et remercié ses partisans qui ont permis aux républicains de conserver la majorité au Sénat, même si les démocrates prennent le contrôle de la Chambre des représentants.Le Fig.
Réponse de le 27/01/2019 à 18:37 :
qu'il est aussi en train de perdre la bataille juridique, ce qui aura pour lui des conséquences autrement plus graves qu"un revers politique attendu (mêmes les élus républicains ne voulaient pas de ce mur puisqu'ils ne l'ont pas financé pendant la période où ils avaient la double majorité).
a écrit le 26/01/2019 à 13:01 :
Trump a perdu. L'aboyeur peroxyde est force de se mettre en sourdine.
Ce n'est pas, helas la premiere fois.
a écrit le 26/01/2019 à 10:51 :
D'une pierre deux coups il doit renoncer à un projet grotesque qui faisait sa popularité au sein de son électorat qui va continuer de croire fortement en Trump voyant qu'il a fait tout ce qu'il pouvait face à l'intransigeance et la dureté des démocrates.

Décision étonnante étant donné qu'il n'avait rien à perdre à enfoncer ces derniers mais quand on voit que wall street est euphorique dans un contexte de tension commerciale mondiale particulièrement grave on peut le dire, puisque américains, alliés et chinois ont commencé à s’emprisonner les uns les autres, de ce fait tout ceci donne l'impression encore une fois d'avoir été remarquablement pensé.

Entre les USA et la Chine je pense qu'on en est au stade de la guerre froide du temps de l'URSS. ON en connait le vainqueur.
Réponse de le 26/01/2019 à 18:20 :
L'histoire ne se répète jamais de la même manière. Les asiatiques ont une grande vertu. Ils pensent en temps long. Ce sont de vrais stratèges. L'occidental pétri de capitalisme ne pense qu'en temps court et Trump, businessman en est la quintescence.
Réponse de le 26/01/2019 à 20:10 :
En février l’IRS rembourse les trop-perçus fiscaux et là si c’est pas fait Trump était mort...
Réponse de le 27/01/2019 à 19:04 :
@ Tototiti

" Ils pensent en temps long. Ce sont de vrais stratèges."

Je suis entièrement d'accord et c'est bien pour cela qu'ils ont gelé dans la glace les privilèges que leur ont accordé les états afin que les riches de tout pays puissent y délocaliser en masse leurs usines.

Par ailleurs ils ont une politique d'accaparement de matières premières et métaux rare très efficace maintenant cela m'étonnerait vraiment qu'ils aient vu l'attaque Trump arriver... Même nous autres nous ne le pensions pas nous pensions qu'il disait cela pour se faire élire seulement.

@ Tout est dans le timing

C'est cela mais si on regarde à qui cela profite c'est encore une fois à Trump.
a écrit le 26/01/2019 à 9:55 :
Les US qui ne sont pas un paradis montrent sur cette affaire que le mot: démocratie, débat, poids et COMPETENCE d'une opposition sont un pays démocrate et non comme en France une démocratie uniquement politique en trompe l'oeil car une majorité, mal élue comme toute les majorités, à 100 pour cent des pouvoirs. A regarder de plus près le pouvoir est concentré entre 10 doigts celui du Président peu importe sa couleur politique.Les US montrent également que le poids des personnes concernées en l'occurrence les fonctionnaires et les entreprises touchés par le shutdown ont fait plié M. Trump. Les US viennent de donner une leçon de démocratie à notre pays . Peut on rêver en France de deux chambres qui ont un poids équivalent en terme de validation des dépenses de l'état et non comme chez nous une assemblée nationale toute puissante qui a TOUJOURS le dernier mot. Voilà un grand sujet que doit s'inviter dans le débat mais aussi dans l'opposition à condition qu'elle soit compétente et surtout INTELLIGENTE et non dans la médiocrité des petites phrases et versatile. Un vrai sujet pour les GJ, hors d'un RIC qui ne sera qu'un enfumage, déjà cadré dans la tête de la majorité. Pour l'instant les GJ sont de grands enfants turbulents et plus parfois pour certains dans l'utopie il faut dire qu'ils sont plus dans la cour de récréation de celui qui va "péter" le plus fort que dans un vrai sujet de modification de la gouvernance politique et économique de notre pays.
Réponse de le 26/01/2019 à 18:30 :
Avec des chambres antagonistes et ayant le pouvoir identique tel que vous le souhaitez, nous allons créer les palabres à n'en point finir. Rien ne va avancer. On est reparti pour la 4ème république. La politique, c'est choisir. Le pouvoir choisit et assume ses choix devant ses électeurs qui ont le pouvoir de le sanctionner.En additionnant tout ce qui marche ailleurs, on ne fait pas forcément un système parfait. En mathématique on démontre que la somme des optimas n'est pas forcément un optimum.
Réponse de le 27/01/2019 à 12:15 :
@Tototiti Bonjour, Commentaire intéressant avec cette remarque « devant ses électeurs » qui montre que notre pays est représenté au parlement que par une moitié des inscrits et non par l’ensemble des citoyens, au sénat par copinage et il n’y a pas si longtemps grâce à la réserve sénatoriale . Vous pourriez me rétorquer que les abstentionnistes ne sont pas en droit de parole je pourrais être dans la même logique si le politique acceptait que le vote blanc soit un bulletin à part entière et non un machin sans valeur. Le politique parle de démocratie parlementaire le mot démocratie le dédouane d’une vérité une régime autocrate bien loin du mot démocratie. Pour ce qui du pouvoir de sanction la aussi les dérives économiques ne peuvent être sanctionnées qu’au bout de 5 ans, cette situation est une des causes de la crise économique française car la recherche du bulletin de vote lors périodes des différents septennats ou quinquennats prime sur la croissance. Nous verrons pour celui ci lors du bilan du débat mais déjà les 10 milliards sont un signe . En math, les plus simples, ceux des chiffres bien loin de la pose de probabilités sont sans appel notre système à un triste bilan 9 millions de sans emploi, à différencier du chiffre des chômeurs, selon l’INSEE et environ 2300 milliards de dette, dette qui continue de grimper allégrement gilets jaunes ou pas . L’autocratie est la moitié du chemin entre démocratie et totalitarisme. Le bilan économique de la IV ème est effectivement peu reluisant celui de la V ème n’est pas mieux les chiffres le prouve. Un pouvoir partagé par les deux chambres pourrait être un système mieux adapté aux difficultés économiques par des prises de positon plus économiques et moins politiques ou lobbyistes l'apanage malheureusement notre pays.

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