Le géant britannique des télécoms, dont le cours de Bourse n’a cessé de dégringoler ces dernières années, suscite l’appétit des cadors du secteur. Après l’émirati e&, qui a augmenté sa participation de 11 à 13% au capital de l’opérateur, l’arrivée de Xavier Niel qui en a pris 2,5%, l’américain Liberty Global vient, lui, de s’en offrir 5%.Au Mobile World Congress, le salon du mobile de Barcelone qui s'ouvre lundi prochain, nul doute que la situation de Vodafone sera sur toutes les lèvres. Depuis plusieurs années, le géant britannique des télécoms essuie d'importantes difficultés. En témoigne son cours de Bourse qui a dégringolé de moitié en cinq ans, à 101 pence (soit 1,13 euro). Mais en face, de nombreux investisseurs y voient une opportunité... C'est le cas de l'américain Liberty Global, du « roi du câble » John Malone, souvent cité pour être le modèle de Patrick Drahi, le propriétaire d'Altice (SFR). Cet acteur important des télécoms s'est offert, la semaine dernière, pas moins de 5% de Vodafone pour environ 1,5 milliard d'euros.
Liberty Global, l'assure : il n'entend pas, ici, mener un raid sur Vodafone, mais simplement profiter de la sous-valorisation, selon lui, de l'opérateur britannique. C'est du moins ce qu'a laissé entendre Mike Fries, le directeur général de Liberty Global, dans un communiqué. « Le cours actuel de l'action de Vodafone ne reflète pas la valeur sous-jacente à long terme de ses activités opérationnelles, ni les opportunités de consolidation et des cessions d'infrastructures annoncées », a-t-il expliqué. Le groupe a, en outre, souligné qu'il « n'a pas l'intention de chercher à être représenté au conseil d'administration ».
Vers une fusion avec Three UK ?
Liberty Global fait ici référence à deux grandes opérations qui pourraient changer la donne pour Vodafone. La première, c'est une éventuelle fusion avec son rival Three UK, qui permettrait de consolider le marché britannique, et possiblement de faire remonter les prix. Sur le front des infrastructures, Vodafone entend tirer entre 3,2 et 7,1 milliards d'euros de la création d'une coentreprise avec les fonds américains KKR et GIP, qui vont lui racheter une partie de Vantage Towers, sa filiale d'antennes-relais. Liberty Global observe ces mouvements avec attention. Au Royaume-Uni, il détient un acteur majeur des télécoms, Virgin-O2, qu'il contrôle avec l'espagnol Telefonica.