WarnerMedia (AT&T) et Discovery fusionnent pour créer un mastodonte des médias

Ce mariage doit permettre à la filiale de l’opérateur américain AT&T et à Discovery de bâtir un nouveau géant du streaming vidéo, capable de rivaliser avec Netflix et Disney.
Pierre Manière

3 mn

(Crédits : Rick Wilking)

Un nouveau mastodonte des médias va voir le jour au pays de l'Oncle Sam. Trois ans seulement après avoir racheté WarnerMedia (ex-Time Warner), le second distributeur de chaînes de télévision du pays et propriétaire de CNN, de HBO ou des studios Warner Bros, pour 85 milliards de dollars, AT&T organise son désengagement de cette activité en la mariant à Discovery, qui possède plusieurs bouquets de chaînes payantes et notamment Eurosport. Les deux groupes ont officialisé ce mariage ce lundi. Cette union va accoucher d'un nouveau géant indépendant dans le paysage audiovisuel. AT&T et Discovery espèrent notamment que la nouvelle entité sera capable de jouer des coudes avec Netflix et Disney sur le marché du streaming vidéo.

Dans un communiqué, ils affirment que « la nouvelle entreprise sera en mesure d'investir dans davantage de contenus originaux pour ses services de streaming, d'améliorer les options de programmation sur ses chaînes de télévision payante (...) et de proposer des choix plus innovants aux spectateurs et des expériences vidéos ». Jusqu'à présent, le service de streaming HBO Max et ses 61 millions d'abonnés, qui a vu le jour en 2020, a bien du mal à se faire une place face à Netflix, qui compte 204 millions de fidèles, et Disney, dont les différentes plateformes (Disney+, ESPN+ ou Hulu) en rassemblent 146 millions.

Fin de la stratégie de convergence

Dans le détail, AT&T recevra environ 43 milliards de dollars en espèces et en titres de créances, et ses actionnaires 71% de l'entité nouvellement créée. Ceux de Discovery possèderont 29% du nouveau groupe. Le chiffre d'affaires anticipé de la nouvelle entreprise avoisinera les 52 milliards de dollars à l'horizon 2023. Des synergies sur les coûts à hauteur de 3 milliards de dollars par an sont également attendues.

L'opération signe, surtout, la fin de la stratégie de convergence entre les télécoms et les médias d'AT&T. Cette idée de disposer à la fois des tuyaux des télécoms et des contenus pour capter davantage de valeur n'est plus du tout la priorité du groupe. L'opérateur fait désormais machine-arrière. En témoigne, par ailleurs, son désengagement dans DirecTV, le géant de la télévision par satellite, en février dernier. Très endetté, et contraint d'investir fortement dans les réseaux Internet fixe et mobile, dont le nouvelle 5G, AT&T se recentre dans les télécoms, son cœur de métier, les télécoms.

L'opérateur n'est pas le seul à tirer un trait sur la convergence. Au début du mois, Verizon, le grand rival d'AT&T aux Etats-Unis, a annoncé qu'il se séparait de sa division dans les médias. Celle-ci comprend les deux anciennes gloires d'Internet Yahoo et AOL, rachetées en 2015 et 2016 pour rivaliser avec Facebook et Google dans la publicité.

(avec AFP)

Pierre Manière

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