Vente en ligne : le manque de notoriété, un vrai frein pour les solutions françaises face aux Gafa

 |  | 841 mots
Lecture 4 min.
Quand on est commerçant, on se dirige naturellement vers les solutions les plus connues qui sont souvent américaines. Nous on leur dit qu'il existe des solutions moins connues mais tout aussi efficaces qui sont françaises ou européennes, indique Nicolas Brien, de France Digitale.
"Quand on est commerçant, on se dirige naturellement vers les solutions les plus connues qui sont souvent américaines. Nous on leur dit qu'il existe des solutions moins connues mais tout aussi efficaces qui sont françaises ou européennes", indique Nicolas Brien, de France Digitale. (Crédits : Charles Platiau)
Pour les petits commerces dits "non essentiels", à l'arrêt à cause du reconfinement, vendre en ligne devient une question de survie. De nombreuses startups françaises proposent des outils efficaces et compétitifs pour les aider dans leur transformation numérique (création de sites internet, click&collect, paiement, livraison...). Problème : elles manquent encore cruellement de notoriété. L'Etat, via une labellisation de solutions, et France Digitale, via un "kit e-commerce" à destination des petits commerces, tentent d'y remédier.

Comment sauter dans le grand bain de la vente en ligne sans être noyé par Amazon ? Pour les petits commerçants forcés de fermer à cause du reconfinement, et qui n'avaient pas profité du premier confinement pour développer leurs outils en ligne, la vente en ligne devient une question de survie. Chance : de nombreux outils développés par des startups françaises existent pour aider les petits commerces à vendre en ligne, sans forcément se jeter dans la gueule de l'ogre Amazon, qui cannibalise une vente sur cinq en France sur Internet. Problème : ces solutions 100% françaises restent souvent inconnues au bataillon.

"Il faut éviter que le reconfinement, qui force de nombreux petits commerces à aller sur Internet pour survivre, profite surtout aux solutions américaines, comme cela avait été le cas lors du premier confinement quand les entreprises avaient massivement choisi Zoom, Microsoft Teams ou Google Meets pour leurs réunions en ligne alors qu'il existe des solutions françaises tout aussi efficaces", déplore Nicolas Brien, le directeur général de l'association France Digitale.

"Kit e-commerce" de France Digitale, labellisation de solutions françaises par l'Etat

Alors que le Black Friday -deux semaines de soldes en ligne et en physique, traditionnellement en novembre- et surtout les fêtes de Noël approchent, le gouvernement a appelé les petits commerces obligés de fermer boutique à se numériser massivement. Et pour cause : seul un sur trois dispose d'un site marchand, d'après Bercy. En plus des 100 millions d'euros débloqués dans le cadre du plan de relance pour aider à la numérisation des TPE-PME, l'Etat lance jeudi 5 novembre un appel à projet pour identifier des solutions françaises pour aider les commerçants, artisans ou restaurateurs à créer un site Internet, déployer une solution de paiement en ligne ou encore leur proposer un service de livraison de proximité. Les solutions retenues seront "labellisées" si elles visent à "valoriser le commerce local" et si elles s'engagent à mettre leurs outils à disposition des commerçants "à titre gratuit ou à tarif préférentiel pendant une période définie".

En attendant, la fédération professionnelle France Digitale, qui regroupe plus de 1.700 startups, a d'ores et déjà publié un "kit e-commerce" destiné à "donner des armes" aux commerçants touchés par le reconfinement. Sur son site internet, l'association dresse, par catégorie de service, un inventaire de solutions françaises "dont la solidité a été vérifiée" indique le directeur général de l'association, Nicolas Brien. Une trentaine de solutions sont ainsi référencées dans les thèmes suivants : créer un site de vente, développer son activité e-commerce via les grandes plateformes, trouver une solution de paiement en ligne, organiser le click&collect, la logistique et la livraison, gérer la relation client.

Lire aussi : Fronde des commerces de proximité : le secours de l'Etat attendu de pied ferme

Les géants américains tout de même indispensables pour les petits commerçants

"Quand on est commerçant, on se dirige naturellement vers les solutions les plus connues qui sont souvent américaines. Nous on leur dit qu'il existe des solutions moins connues mais tout aussi efficaces qui sont françaises ou européennes", indique Nicolas Brien.

Pour l'Etat et pour France Digitale, qui représente les startups françaises, l'enjeu est que le confinement profite le moins possible aux acteurs américains, et notamment Amazon. Plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Jean Castex et les ministres Roselyne Bachelot (Culture) et Bruno Le Maire (Economie), ont ainsi appelé à éviter d'effectuer des achats sur Amazon et de privilégier les commerces indépendants qui vendent en ligne.

Reste que si le gouvernement et la French Tech veulent réveiller la fibre patriotique des petits commerçants, les solutions américaines, et notamment celles des géants du Net, restent très attractives et se sont imposées presque comme un réflexe au moment de la digitalisation des commerces indépendants. Facebook, qui possède également Instagram, est devenu incontournable pour acquérir de la visibilité et animer une communauté autour de sa marque, tout comme Google pour le référencement.

Quant à Amazon, malgré les critiques, il est incontournable sur le marché français. Pour un petit commerce, il reste difficile de se passer de sa marketplace, qui représente 52% des ventes d'Amazon en France. "Idéalement on aimerait ne pas utiliser Amazon car on est à leur merci, mais c'est eux qui nous apportent le plus de clients et de toutes façons toutes les plateformes fonctionnent à peu près pareil. On est aussi sur Cdiscount ou Rue du Commerce mais ils nous apportent beaucoup moins. Et nous n'avons pas forcément le temps, l'argent et les compétences de développer l'activité de notre propre site internet pour qu'il génère suffisamment de revenus", indique à La Tribune une employée d'un magasin de jouets parisien.

Lire aussi : Confinement et fermeture des commerces non essentiels : une autoroute pour Amazon ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/11/2020 à 20:58 :
he ben si c'est organise par l'etat sovietique qui n'a pas ete foutu de trouver des masques, avant de reprocher a la grande distribution d'avoir planque des masques caches, la france est sauvee
ceux qui voudront adherer pourront se contenter de remplir ' un simple formulaire ' sur simple demande, et leur simple demande sera traitee avec la facilite et la rapidite de l'administration francaise
comme dans les 12 travaux d'asterix
a écrit le 06/11/2020 à 8:45 :
Il faut un soutien, intelligent je le précise, fiscal aux entreprises locales, il faut donc du protectionnisme tout le reste n'étant que pitoyable hypocrisie or actuellement c'est l'inverse comme les multinationales paient très peu d'impôts, l’État essaye de se rattraper sur les petits et moyens qui sont littéralement étouffés alimentant toujours plus ce cercle vicieux de l'impuissance.
a écrit le 05/11/2020 à 18:05 :
"Pour les petits commerces dits "non essentiels", à l'arrêt à cause du reconfinement"

C'est le gouvernement qui juge ces petits commerces "non essentiels" par eux.Vous savez qu'il y aura un jour un déconfinement et que tout redeviendra comme avant,à moins que vous ayez d'autres infos que personne ne connait.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :