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Michel Côté : "Le musée des Confluences n'a pas d'équivalent en France"

Marie-Annick Depagneux

Publié le 10 décembre 2014 à 15:15 - Mis à jour le 15 décembre 2014 à 10:51

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Michel Côté, qui est retourné à Québec, en 2010 pour diriger le musée de la civilisation, est un peu le père du Musée des Confluences dont il a programmé le contenu et complété des collections initiales du Musée d'histoire naturelle. Il est convaincu que cette institution, qui ouvrira ses portes le 20 décembre prochain, sera adoptée par le public.

Acteurs de l'économie : Vous aviez été recruté, en 1999, par le conseil général du Rhône, pour imaginer le  musée des Confluences et compléter, en conséquence, les collections originelles du Muséum de Lyon, fermé en 2007. Vous avez démissionné en 2010 alors que l'édifice sortait à peine de terre. Estimez-vous que l'équipement qui ouvrira ses portes le 20 décembre est conforme à ce que vous aviez programmé ?

Michel Côté : Quand j'ai quitté Lyon, le projet architectural était arrêté depuis longtemps. Le  parti pris de l'atelier autrichien CoopHimmelb (lau) correspondait le mieux au contenu en offrant un aménagement intérieur très fonctionnel. L'enveloppe extérieure a été un peu modifiée avec des formes plus souples par rapport à l'épure initiale. Les expositions permanentes présentées dans les quatre salles sont conformes à ce que j'avais préparé et les muséographes avaient commencé à travailler lors de mon départ. Pour les expositions temporaires, nous avions déjà prévu, pour la première, un hommage à Emile Guimet (Ndlr : illustre Lyonnais à l'origine des Muséums de Lyon et Paris). Elle semble avoir pris plus d'ampleur et c'est légitime.

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La construction de ce musée est considéré, aux yeux de beaucoup, comme un gâchis financier en raison des dérives budgétaires du chantier. Pensez vous que les Lyonnais, que vous avez côtoyés pendant onze ans, oublieront toute cette polémique une fois qu'ils auront découvert le musée ?

Il faut replacer l'aspect financier dans le contexte. L'évaluation de départ, à 60 millions d'euros, ne comptabilisait que le gros œuvre. N'étaient inclus ni les aménagements, ni la muséographie, ni le restaurant, ni le  parc etc.... De plus, et sur la durée de l'opération, l'indice du prix de la construction a beaucoup augmenté.  Cet équipement coûtera en définitive 250 millions, ce qui est dans la moyenne des investissements des grands musées. Qu'il s'agisse du MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et la Méditerranée) de Marseille - 350 millions d'euros avec la rénovation du fort Saint Jean - ou encore du Louvre de Lens (200 millions).

Comment expliquez vous alors que ce projet ait alimenté une telle controverse ?

L'architecture  audacieuse, osée n'était pas facile à mettre en oeuvre.  Ce qui a entrainé des délais considérables.  Et tout le monde est sensible au coût de la culture contrairement à ce qui peut se passer dans d'autres domaines. Or, un équipement comme celui-ci aura des retombées économiques importantes pour la ville. Ainsi, lorsque nous organisons une exposition au Musée de la civilisation de Québec, les retombées se chiffrent autour de 15 millions de dollars.

Les plus critiques arguent qu'il n'était pas nécessaire d'édifier un tel musée pour présenter des dinosaures, aussi gros soient ils.

Le Muséum du boulevard des Belges a été longtemps une institution importante mais la fréquentation avait beaucoup baissé, les dernières années. Il donnait une image vieillissante. Il était important que Lyon se donne un endroit pour expliquer la complexité du monde et les enjeux actuels et de demain. Il a contribué au développement urbain d'un quartier auquel il a donné son nom. C'est un lieu de savoir à l'entrée de la ville.

Etes vous confiant dans la capacité de ce musée à attirer les 400.000 visiteurs, votre postulat de départ ?

Je continue de le penser. Ce n'est pas un lieu où l'on se contentera de rester une heure. C'est un vrai espace de vie. Le public viendra aussi assister à des conférences, voir un film, se promener dans le parc. Le contenu du musée est tellement riche et varié qu'il intéressera tous les âges. Dans le paysage des musées français, je ne vois pas d'autres institutions pluridisciplinaires de cette richesse dans le domaine des sciences et sociétés Il explique l'évolution du monde de façon très moderne.

Envisagez vous des coopérations entre le musée de la civilisation de Québec et le musée des Confluences ?

Le musée des Confluences présentera en 2016 une exposition sur la danse contemporaine lors de la biennale consacrée à cet art. Cette exposition est conçue par le musée de la civilisation de Québec où elle sera présentée en 2015.  Lyon l'a reprendra à son compte en mettant en valeur le rôle important que joue la ville, en la matière. J'espère que nous coopérons de façon régulière. On peut identifier une dizaine d'institutions internationales pouvant collaborer ensemble : le MuCEM, le musée d'ethnographie de Genève qui vient de rouvrir, le centre contemporain de Barcelone etc.

Ce musée aura t'il les moyens financiers de ses ambitions compte tenu des contraintes financières des collectivités locales, aujourd'hui ?

La culture coûte moins cher que d'autres secteurs. Nous avions toujours voulu que cette institution ait une certaine indépendance (*) avec des sources de revenus autonomes. D'où le club d'entreprises que nous avions mis en place. Ce musée est une chance pour l'agglomération lyonnaise. Avec les autres musées existants dans la ville, cela fait une carte de visite extraordinaire pour attirer des touristes et les inciter à séjourner plusieurs jours.

* Sa gestion est assurée par un Etablissement public de coopération culturel à caractère industriel et commercial (EPCC-IC). Il est dirigé par Hélène Lafont-Couturier.

Marie-Annick Depagneux

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