A Tignes, la fonte du glacier de la Grande Motte a entraîné la création d'un lac glaciaire placé sous étroite surveillance. Deux premières séries de travaux ont été menés en 2023 et en 2024 et de nouvelles solutions sont à l'étude pour son pompage...
Le 3 août dernier, la mairie de Tignes accueillait un panel de journalistes pour faire un point d’étape sur les travaux de sécurisation du lac glaciaire du Rosolin. Un exemple parmi d’autres d’un phénomène accéléré par le réchauffement climatique et qui constitue un défi pour les scientifiques et les élus.
Repéré en 2016, au pied du glacier de la Grande Motte, dans le massif de la Vanoise (Savoie), le lac du Rosolin a vu son volume massivement augmenter (à 150.000 m3) suite à la canicule de 2022. Ce qui a conduit à plusieurs phases de travaux, en 2023 et 2024 pour réduire son volume de manière temporaire. Le glacier continuant à fondre, de nouvelles solutions sont à l'étude pour une vidange définitive du lac, a confirmé la mairie le 3 août dernier.
Un exemple qui reflète les enjeux autour du développement des lacs glaciaires, créés par la stagnation des eaux de fonte des glaciers dans des cavités retenues par un pan de glacier ou des moraines. Un phénomène qui « s'accélère depuis une dizaine d'années », constate Olivier Gagliardini.
Des risques non négligeables
« Les glaciers sont en complet déséquilibre, beaucoup d'eau est produite et comme il se retire rapidement, cela est souvent propice à la création d'un lac », explique le glaciologue et enseignant à l'Université Grenoble Alpes (UGA), pointant sans détour le réchauffement climatique.
Au cours des 40 dernières années, près de 35 nouveaux lacs, la majorité d'origine glaciaire se sont formés en Savoie, révèlent Jean-Pierre Martinot et Hugo Mansoux dans Les lacs de Savoie : du Bourget aux lacs nouveau-nés.
« Mais tous les lacs qui se forment ne sont pas des sujets. Par exemple, lorsqu'ils sont situés derrière un barrage granitique solide, il n'y a pas d'inquiétude », pondère le spécialiste des glaciers.
Dans les deux Savoie et l'Isère, plusieurs glaciers sont surveillés de près, parmi lesquels celui des Bossons, de Rochemelon, de Tête Rousse, ou encore du Grand Marchet. Le Ministère de la Transition écologique évalue ainsi à 20.000 le nombre de personnes concernées par ce risque, sur 15 millions à l'échelle mondiale. D'où la mise en place d'une stratégie relative aux risques glaciaires et périglaciaires par l'Etat visant à évaluer les risques présentés par chaque lac et déployer des mesures de suivi et de sécurisation nécessaires.
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L'incapacité de prédire
Car la réelle difficulté réside aujourd'hui dans «l'incapacité de mettre une probabilité sur le risque d'occurrenced'une vidange brutale», pointe le glaciologue.
Ce, en raison du réchauffement climatique mais également de la succession d'événements concomitants ou en cascade. Ce fut d'ailleurs le cas pour le glacier suisse du Birch : « La montagne chute sur le glacier, le glacier finit par céder et s'écrouler avec tout son chargement. Cet éboulement vient ensuite faire barrage à la rivière».