Habiter autrement pour vivre différemment
Nicolas Rousseau
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La France connaît aujourd'hui un bouleversement démographique sans précédent : la proportion des aînés augmente, et dans les décennies à venir, elle devrait encore s'intensifier. D'ici à 2050, la population des plus de 65 ans représentera près d'un tiers de la population totale. Un nouvel enjeu se profile : la prise en compte des besoins spécifiques des aînés en matière de logement, qui évoluent en fonction de leur état de santé.
Dans une large proportion, les aînés font preuve d'une volonté marquée de demeurer chez eux le plus longtemps possible, et par conséquent, retarder l'entrée en maison de retraite. Pour répondre à leurs attentes, l'habitat intergénérationnel représente une alternative. Apparu en Espagne, il tend à se développer véritablement depuis une dizaine d'années en France. Il s'agit de réunir dans un même quartier, un même bâtiment ou un même appartement des personnes issues de génération différentes en dehors des formes familiales classiques.
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Ce type d'habitat concourt ainsi à lutter contre l'isolement des seniors et à leur procurer un cadre de vie sécurisant. « Le principe fondateur de constitution des binômes est la présence rassurante et bienveillante de l'étudiant hébergé auprès du senior qui l'héberge », explique Séverine Gadier, coordinatrice « 1 Toit 2 Générations » au sein de la régie Coup de Pouce, tête de proue du logement intergénérationnel pour la Savoie et la Haute-Savoie, qui assure la formalisation, le suivi et la médiation des binômes constitués. Fermer les volets le soir, ouvrir une boite de conserve qui résiste, composer un numéro de téléphone, partager le repas du soir, discuter devant l'émission de télévision partagée...
Nicolas Rousseau