Le syndicat du Picodon AOP veut créer une "souchothèque"
Aurélien Tournier
Aurélien Tournier
Le nouveau président du syndicat du picodon AOP, Philippe Bénézech, souhaite mettre en place de nouveaux outils d'accompagnement auprès des éleveurs caprins. L'élaboration de fiches techniques, concernant le prochain cahier des charges ou encore le plan de contrôle, est notamment envisagée. Une souchothèque devrait également voir le jour en 2017.
Celle-ci permettrait de répertorier les différents ferments intervenants dans la fabrication d'un picodon traditionnel. Jusqu'à 300 bactéries pourraient alors être prélevées. Il s'agit ensuite de déterminer si certaines sont spécifiques au territoire drômardéchois. Se faisant, deux d'entre elles seront sélectionnées et proposées à l'ensemble des adhérents du syndicat, afin de renforcer davantage le lien au terroir.
Un poste devrait être dédié et un technicien sera recruté. L'investissement s'élèverait à 70 000 euros. Le syndicat ne devrait toutefois participer qu'à hauteur de 15 000 euros, la région Rhône-Alpes et les départements de la Drôme et de l'Ardèche ayant accepté de soutenir le projet.
Ce n'est pas la première fois qu'une telle démarche est effectuée en Rhône-Alpes. Le syndicat interprofessionnel du Reblochon, implanté à Thônes, a déjà mené des travaux en ce sens afin de sélectionner et multiplier les bonnes souches de ferments spécifiques au Reblochon. Différentes structures interviennent dans le processus : Actalia, curateur de la collection, conserve les souches ; l'Enilv (École nationale des industries du lait et des viandes) les multiplie et produit de la biomasse ; enfin, le Sirflore prépare la culture prête à l'emploi. C'est d'ailleurs auprès de cette appellation que Philippe Bénézech s'est renseigné afin de monter son projet. Les ferments drômois et ardéchois devraient ainsi être traités par ces mêmes acteurs.
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En Auvergne, le laboratoire interprofessionnel de production (Lip) exploite quant à lui une souchothèque de l'institut national de la recherche agronomique (Inra). Une collection qui date des années 1980. La société multiplie et vend par la suite ces souches à une douzaine d'exploitants de l'appellation Bleu d'Auvergne, fermiers et industriels.
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