Climat : le futur du lac Léman se décide aujourd'hui
Didier Bert
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L'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse (RMC) a tiré la sonnette d'alarme fin 2014 : certaines activités tributaires du débit du Rhône, et non des moindres, seront menacées d'ici à 2060. « Avec la combinaison de la diminution des débits et de l'augmentation de la température de l'air, le niveau de production actuel des centrales nucléaires ne serait plus garanti. Ce scénario montre la nécessité de s'adapter dès à présent », mentionne le rapport intitulé Étude de la gestion quantitative du fleuve Rhône à l'étiage : constats et recommandations et publié par l'Agence de l'eau RMC en novembre dernier.
Pour établir cette projection, l'organisme se base sur des prévisions de hausse des prélèvements, en raison de l'afflux attendu d'un million d'habitants supplémentaires dans le sud-est de la France d'ici à 2060, ainsi que sur « un scénario de changement climatique raisonnablement pessimiste ».
Pour connaître les raisons qui amèneraient le débit du Rhône à diminuer, c'est en bonne partie du côté du lac Léman qu'il faut regarder. Au mois d'août, lorsque le débit du Rhône est le plus faible, le lac lui apporte pas moins de 40 % de ses eaux (constaté à la hauteur de Beaucaire, NDLR), indique l'Agence de l'eau dans la même étude.
Or, le lac Léman a cette particularité d'être partagé entre deux pays, ce qui multiplie les paliers de décision. Aux gouvernements nationaux s'ajoutent les cantons suisses de Genève, de Vaud et du Valais, ainsi que le département de la Haute-Savoie côté français. Ajoutez à cela les communes et une multitude d'acteurs privés, dont certains pèsent lourd.
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Côté français, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) est chargée par l'État d'aménager le Rhône et de l'exploiter, via notamment les 19 centrales hydro-électriques sur le fleuve. EDF utilise aussi l'eau du Rhône pour refroidir quatre centrales nucléaires (Bugey, Saint-Alban, Cruas, Tricastin). Également dépendante de son fleuve, la métropole de Lyon est, avec Nîmes, une des deux plus grandes consommatrices d'eau potable prélevée dans le Rhône. Enfin, pour leurs besoins en irrigation, les activités agricoles représentent près de la moitié des prélèvements effectués sur le fleuve.
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