Nantes flirte avec Montréal
Frédéric Thual

Nantes
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"Quelles que soient les tailles de nos villes, nous sommes confrontés aux mêmes enjeux mondiaux de transformation digitale", estime Mehdi Benboubakeur, directeur général du Printemps numérique de Montréal, venu signer une convention de partenariat avec le pays de Jules Verne, lors de la dernière Digital Week, à Nantes.
Si la métropole nantaise, trois fois plus petite, ne joue pas dans la même cour que ce hub mondial de l'intelligence artificielle, troisième pôle mondial pour les jeux vidéo (Assassin's Creed...) et quatrième pour la fabrication de blockbusters (XFiles, Avengers, Game Of Thrones, Star War...), les deux cités se reconnaissent de vraies similitudes.
"Nantes est une ville chaleureuse et audacieuse où les levées de fonds de l'écosystème numérique ont augmenté de façon exponentielle en passant de 7 millions à 100 millions d'euros en trois ans", ajoute Mehdi Benboubakeur, patron du Printemps numérique, fondé il y a cinq ans pour animer et favoriser la transversalité entre les différents écosystèmes montréalais.
Après Bruxelles et Munich, Nantes a grillé la politesse à Hambourg et Barcelone.
Si la convention porte sur les échanges de contenus, le maillage des réseaux, le business entre entreprises et startups, la culture..., les partenaires ont choisi de concentrer leur première action sur les femmes.
Ainsi, les trois lauréates du Prix des Femmes du Digital organisé pendant la Digital Week 2018 - Léonie Ferreira, pour Womenwalk, Sophie Comte pour Makidoo et la designer Nina Missir - seront invitées au Printemps numérique à Montréal en avril prochain.
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"Nous allons les mettre sur le devant de la scène pour qu'elles puissent tirer profit de cet échange", explique Mehdi Benboubakeur qui, à son tour, organisera un Prix avec l'association Femmes Alpha, dont les heureuses élues seront accueillies à Nantes pour la Digital Week à l'automne 2019.
De son côté, l'écosystème nantais, soutenu par un volontariat international en entreprise (VIE) recruté par la Métropole, la CCI et Nantes-Saint-Nazaire Développement, peaufine sa venue sur le territoire canadien. Le Quartier de la Création nantais prépare trois opérations croisées à destination des quartiers des Spectacles et de l'Innovation à Montréal.
Deux appels à projets sont en cours d'études pour accueillir des startups québécoises et pour expérimenter l'usage d'un mobilier urbain connecté. Un autre partenariat serait engagé entre le quartier de la Création nantais et le pôle de créativité Mosaic d'HEC Montréal pour former des managers experts en innovation face à la disruption de l'environnement économique.
Jusque-là surtout prisé par les prestataires de l'industrie aéronautique et de l'automobile de l'ouest de la France, le marché nord-américain, considéré comme une porte d'entrée vers les États-Unis, commence à séduire l'écosystème numérique.
Outre les liens universitaires sur l'IA, notamment, l'école de design Nantes-Atlantique, l'école de graphisme Pivaud viennent d'y implanter des satellites. Très tôt tourné vers l'international (Chine, Amérique du Nord...), l'éditeur nantais de logiciels libres de modélisation Obeo y est allé par étapes. D'abord, avec l'implantation d'un VIE à Montréal pour consolider les liens commerciaux existant avec l'Agence spatiale canadienne et son partenariat avec le chef de file de l'open source Savoir-Faire Linux. Ensuite, avec la création d'une filiale à Vancouver au printemps dernier. Cofondateur d'Obeo, Stéphane Lacrampe y est venu en famille pour mener ce projet.
Pour Nicolas Tronchon, fondateur de Transway, éditeur de solutions intelligentes pour des déplacements urbains doux ou alternatifs, le constat est identique. Lui vient de signer ses deux premiers contrats sur le territoire nord-américain, à Montréal et à Sherbrooke.
"Au-delà des tailles, leurs approches sont similaires sur l'innovation et le monde du digital. Des deux côtés, les idées foisonnent, les expérimentations sont nombreuses et l'on est vraiment dans le partage des bonnes pratiques", explique le fondateur de Transway, dont les logiciels, fondés sur le principe de la récompense, permettent aux utilisateurs de la ligne d'autocars Orléans Express entre Montréal et Québec et aux habitants de Sherbrooke de gagner des points ou des cadeaux s'ils optent pour le vélo, le bus ou le covoiturage, plutôt que pour leur propre véhicule. "Mais les abonnements téléphoniques sont tellement coûteux ici que, pour être adoptées, les applis doivent pouvoir fonctionner off line ou en wifi. Travailler dans ces pays nous ouvre énormément de solutions...", se félicite-t-il
Frédéric Thual