L'association des contribuables lyonnais blâme le modèle métropolitain lyonnais
Françoise Sigot

Métropole de Lyon
Laurent Cerino / ADE
Françoise Sigot

Métropole de Lyon
Laurent Cerino / ADE
"Une catastrophe financière", trois mots retenus par l'Association des contribuables actifs du lyonnais pour résumer le bilan de la création de la métropole de Lyon. Mais l'analyse du collectif n'est pas du goût du président de la Métropole.
Reste que, pour Canol qui a l'habitude de passer au crible la gestion des collectivités locales, les promesses de Michel Mercier et Gérard Collomb, créateurs de la Métropole, sont loin d'être tenues.
Peut-être parce que justement l'ancien président du département du Rhône et son homologue du Grand Lyon, n'avaient pas promis beaucoup. En tout cas pas en objectifs clairement affichés.
Sur les trois premières années d'exercice métropolitain, pas un objectif n'est tenu, selon Canol.
Les dérives sont arrivées très vite. En épluchant les comptes administratifs de 2014 et 2015, Canol a conclu que les dépenses de fonctionnement avaient augmenté de 116% en un an quand les recettes progressaient de 93%.
Pour autant rapportées au nombre d'habitants ces dépenses passent de 1 627 euros par habitant en 2014 à 1 740 euros en 2017. Globalement stables", note Canol. Toutefois, les charges financières pèsent lourd notamment en raison des remboursements des emprunts toxiques contractés par le département du Rhône qui ont coûté 87 euros à chaque contribuable lyonnais en 2016. Canol reconnaît qu'en 2017, ces charges ont retrouvé le niveau de 2014.
En regardant la ventilation des dépenses, Canol constate toutefois que si les nouvelles charges, spécialement le social (RSA, allocations aux personnes âgées ou handicapées, etc...) sont assez mal maîtrisées, les postes de dépenses déjà assumés par le Grand Lyon sont en revanche stables.
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Ce phénomène est peut-être à conjuguer au passé, puisque le président de la Métropole assure qu"entre 2016 et 2018, les recettes de fonctionnement de la Métropole ont augmenté de 75 millions d'euros. Elles viennent ainsi compenser l'augmentation des dépenses sociales de + 46 millions d'euros".
L'autre fait marquant du bilan financier vient de l'absence d'économies d'échelles au niveau des frais de personnels.
Pour autant, les effectifs sont stables en 2017 et rapportés au nombre d'habitants, ils se réduisent de 2.1%. Encore beaucoup trop selon l'association des contribuables qui estime que le statut des agents empêche les licenciements et donc les économies d'échelles inhérents à toutes fusions d'entreprises privées.
Canol s'inquiète également du retard pris en matière d'investissement. "On est à 20% de retard à fin 2017", fustige Canol, pointant la voierie et l'aménagement urbain comme les parents pauvres de la politique d'investissement métropolitaine.
Sur ce point, l'analyse est presque convergente avec celle de l'exécutif.
A l'heure où le gouvernement semble vouloir encourager d'autres regroupements de collectivités sur le modèle lyonnais, Canol a tranché.
Au-delà des chiffres, pour dresser ce bilan, l'association a interrogés quelques habitants pris au hasard et les élus. Tous semblent moins critiques.
Certes, les premiers pestent contre l'accroissement du poids de la fiscalité locale, disent ne pas voir l'intérêt de la Métropole et ne pas constater d'amélioration, sauf en matière de transport en commun.
Mais les élus sont favorables à la Métropole et même à son élargissement, notamment pour englober l'aéroport. Ils considèrent néanmoins que cette Métropole a été insuffisamment préparée et que ce premier mandat est un mandat de rodage, qui n'a pas produit de résultats concrets.
Françoise Sigot