Grenoble : quel premier bilan pour les commerçants ?

Marie Lyan

Marché de Noël
ML

Marie Lyan

Marché de Noël
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Un mois de décembre qui semble plus difficile que prévu pour les commerçants isérois. A Grenoble, comme ailleurs, la période des fêtes a été fortement marquée par les manifestations des gilets jaunes et des lycéens en centre-ville, mais aussi par la grande marche du climat, qui a accueilli près de 10 000 manifestants, qui ont complexifié l'accès au centre-ville.
Et à quelques jours de Noël désormais, les acheteurs se font encore assez rares ce jeudi matin aux abords de la place Victor Hugo. A quelques mètres du marché de Noël, le temps est encore au ralenti, les chants de Noël, presque inaudibles.
Quelle que soit leur activité, l'ensemble des commerçants interrogés déplorent un chiffre d'affaires en berne de 20 à 30% par rapport à l'an passé. La faute, en partie, aux manifestations qui ont émaillé le centre-ville chaque samedi à l'heure où les grenoblois effectuent habituellement une grande partie de leurs achats.
Une baisse d'activité qui ne serait d'après elle pas rattrapable pour une grande partie des restaurateurs et des métiers de bouche comme elle : "On ne peut pas doubler le nombre de places assises pour compenser". Même ambiance dans un magasin d'électronique, situé près de la place Victor Hugo, où les incidents ont contraint les responsables de la boutique à fermer tout un week-end puis une demi-journée, par mesure de prévention. "Ce n'est pas la catastrophe, mais ce ne sera pas rattrapable", prévient l'un des salariés.
"L'ambiance n'est pas aux fêtes", résume la responsable de la boutique Guess, Véronique Peyron, à quelques mètres de là. La responsable parle d'une fréquentation ayant chuté de près de 40% sur la période de novembre - décembre, pour un chiffre d'affaire qui se rétracte d'au moins 20%.
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Un phénomène qui se combine d'après elle à un problème d'accessibilité du cœur de ville. "La rue derrière nous est barrée, et on connait depuis plusieurs mois des travaux un peu partout en centre-ville en plus du nouveau plan de circulation. Les gens ont du mal à se garer".
Christian Hoffmann, antiquaire et président de l'association de commerçants Label Ville, dresse quant à lui un portrait un peu plus mitigé de la situation, en fonction, en premier lieu, de la typologie des commerces. "Les galeries Lafayette ont par exemple connu une fermeture de plus de deux heures samedi dernier, tout comme la Fnac, lorsque le préfet a relayé des consignes d'alerte. Les métiers de la restauration et de l'hôtellerie sont aussi touchés, avec des structures qui affichent une baisse de 20 à 30% pour les réservations de fin d'année", glisse-t-il.
Si selon lui, les grandes enseignes ont ensuite pu combler ensuite une partie de ce retard, "ce qui n'est pas forcément le cas des biens à la personne et des plus petits commerces, qui peuvent enregistrer une chute de 20% par rapport à leur chiffre d'affaires habituel".
Et pour cause : pour inciter leur clientèle à revenir dans les magasins, les grandes enseignes semblent avoir pris le parti de proposer une série de remises de dernière minute, alors que ce n'est généralement pas leur habitude.
A l'intérieur du marché de Noël de Grenoble, où sont réunis près de 70 exposants pour 90 chalets sur les places Victor Hugo et Grenette, la fréquentation s'afficherait également en baisse, d'après ces derniers.
"Les épisodes de pluie n'ont pas aidé et on a bien senti l'impact des manifestations, surtout les deux premiers samedis, où l'affluence a facilement été divisée par deux", confie la gérante de la Cabane à Truffe, Ingrid Delorge. Pour autant, il règne dans le village un calme que pourraient presque lui envier les commerces aux alentours : avec un vigile positionné aux entrées de la place Victor Hugo ainsi que des rondes de sécurité régulières, le marché est bien gardé.
Alors que certaines rues de Grenoble ont connu des échauffourées, le marché de Noël, semble avoir été épargné. "On se serait crus un peu comme au royaume des bisounours car on était bien encadrés alors que de l'autre côté de la place, à Zara, les choses étaient beaucoup plus compliquées", souligne Jean-Luc Drebet, au chalet de la brasserie du Palais. Pour lui, le plus dommageable aura presque été les manifestations lycéennes, "car elles ont réellement bloqué une partie de la circulation durant plusieurs heures".
Même le souvenir des événements de Strasbourg semble tenu à distance. "Les gens sont venus tout de même les jours suivants", affirment plusieurs commerçants. Olivier Bertrand rappelle que la sécurité a en contrepartie été doublée grâce à la présence de vigiles, de la police municipale, de la police nationale et des services Sentinelle.
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Les quelques jours qui restent permettront-ils aux clients de venir plus massivement ? Alors que la municipalité avait fait le choix de décaler d'une semaine le marché cette année, notamment pour mieux coïncider avec les vacances de Noël, plusieurs exposants espèrent que la semaine entre Noël et le jour de l'An leur permettra de limiter les pertes.
Marie Lyan