Haute-Savoie : Alpine Aluminium joue sa survie
Didier Bert
Didier Bert
Quand la Compagnie alpine d'aluminium (CAA) a laissé la place à la Société coopérative et participative (Scop) en 2015, l'entreprise de Cran-Gevrier venait de subir une escroquerie bien moderne : l'arnaque au président avait soutiré 1,2 million d'euros des caisses de cette société dont la fondation remonte à 1765.
Le personnel et les partenaires de l'entreprise reprenaient alors l'affaire en investissant 10,5 millions d'euros.
Quatre ans plus tard, de nouveaux coups du sort ont à nouveau poussé la société coopérative, employant près d'une centaine de salariés, au bord de l'abîme financier. En juillet, l'explosion d'un four faisait 16 blessés légers, et entraînait l'arrêt de la production dans l'atelier de laquage.
Un mois plus tard, c'est un ouvrier intérimaire, employé d'une entreprise sous-traitante, qui perdait la vie sur le site d'Alpine Aluminium, au cours d'une opération de maintenance. Le bâtiment était mis sous scellés. Et c'est toute l'activité de l'usine qui finissait par s'arrêter pour des raisons de sécurité, laissant les employés en chômage partiel.
La survie d'Alpine Aluminium est désormais entre les mains du tribunal de commerce.
Le dirigeant s'apprête à proposer un redémarrage de l'activité, "même a minima, pour que les candidats à la reprise puissent voir les machines tourner", précise M.Hamel.
Mais il faudra davantage que juguler les coups du sort pour relancer l'entreprise. Alpine Aluminium doit surtout répondre à une question restée en suspens depuis quatre ans.
Le retour de la rentabilité dépendait de la capacité de l'entreprise à fiabiliser et à moderniser son outil de travail.
Lorsque les accidents ont frappé Alpine Aluminium cet été, "nous étions en phase de levée de financements supplémentaires", précise Mme Yilmaz. La Scop étudiait la possibilité d'ouvrir son capital à des investisseurs extérieurs avec un profil industriel.
La trésorerie de l'entreprise ne permettait plus de faire face à la nouvelle donne, contraignant la société coopérative à se tourner vers le tribunal de commerce, qui mettait l'entreprise en redressement judiciaire le 1er août.
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Ce mardi, le tribunal de commerce décidera de prendre du temps pour étudier une offre de reprise ou de prononcer la liquidation de l'entreprise qui réalisait un chiffre d'affaires de 30,6 millions d'euros en 2018.
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