La Cour des comptes, dans son rapport sur la gestion des collectivités locales à paraître ce mardi 24 septembre, évalue les impacts de la fusion sur les comptes publics. Si les effets globaux n'ont entraîné que "peu de gains d'efficience à l'heure actuelle", le rapport relève quelques bons points, notamment pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes. À la grande satisfaction de son président, Laurent Wauquiez.Article publié le 24 septembre 2019 à 7:08, mis à jour à 16h43
"Ce rapport est une étape très importante. Pour la première fois, nous disposons d'une analyse qui porte sur quatre ans avec une vision comparée de toutes les régions. C'est la vision très objective d'un organisme de magistrat sur ce qui a été la performance de gestion d'une région comparée à d'autres régions. Cela nous permet de montrer, à quel point, en quatre ans, nous avons fait d'Auvergne-Rhône-Alpes la région la mieux gérée de France, le tout certifié par la Cour des comptes. Au moment où l'Etat est incapable de gérer sa dette et sa dépense publique, on peut continuer d'investir et baisser la dépense", avance LaurentWauquiez.
Pour étayer son propos, le président de la Région depuis le premier janvier 2016 s'appuie en premier lieu sur l'analyse des dépenses de fonctionnement des régions.
Celles de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont en baisse régulière entre 2016 et 2018 (à périmètre constant, hors dépenses de la compétence transport et hors fonds européens)
."Certaines régions issues d'un regroupement se sont engagées dans des politiques volontaristes de diminution de leurs dépenses de fonctionnement, qui ont porté leurs fruits en 2017 et 2018.Auvergne-Rhône-Alpes(11,5 % de baisse des dépenses entre 2015 et 2018)a ainsi voté un objectif de baisse des dépenses réelles de fonctionnement de 300 millions d'euros sur le mandat, objectif qui s'est traduit par une diminution de ces dépenses de 243 millions d'euros dès 2017", note le rapport de la Cour des comptes.
La région indique avoir même dépassé son objectif global de mandat dès 2018 : "la baisse est de 302 millions d'euros pour 2018", confirme Laurent Wauquiez. Autre point de "satisfaction" : la baisse de rémunération de 10% des élus d'Auvergne-Rhône-Alpes alors même que "les changements de strates démographiques a conduit à une hausse globale des indemnités de l'ordre de 8 % en moyenne sur l'ensemble des régions fusionnées entre 2015 et 2018", indique la Cour.
"Pourque cela marche, il faut que les élus soient exemplaires.C'est comme pour un chef d'entreprise :si le patron dit qu'il faut faire des efforts et qu'il s'octroie une rémunération démentielle, cela ne peut pas marcher.J'ai réduit, comme mes adjoints, ma rémunération de 10 %.Et quand je négocie avec les syndicats, ils savent que leur patron s'est appliqué la même règle qu'à ses adjoints", martèle le Président.
"Carré magique"
Autre source de satisfaction :
la baisse de la dette, la hausse de l'épargne et des investissements et des recettes fiscales contenues.
"Quasiment toutes les régions fusionnées ont augmenté leurs dépenses d'investissement.Celles de la région Auvergne-Rhône-Alpes s'élevaient en 2018 à 889,4 millions d'euros, soit une progression de 29 % par rapport à 2015(78,8 %,fondseuropéenscompris).La région Auvergne-Rhône-Alpes a réduit sa capacité de désendettement de près de 2 points, grâce à la hausse de son épargne et à la baisse de son encours dedette.Elle a vu son niveau d'épargne augmenter de manière conséquente pour atteindre un niveau très élevé en 2018(24,1 % des recettes)", souligne le rapport de la Cour des comptes."C'est notre carré magique.Certaines régions ont amélioré leurs dettes, mais d'autres ont marqué l'arrêt de leurs investissements.Nous avons réussi à mener nos projets en réduisant les dépenses, tout en gardant nos capacités d'investissement, voire même en les augmentant.C'est très important pour nous cette capacité à investir, jamais la région n'a autant investi.Cela se traduit par des chantiers pour les entreprises, des marchés public, de la compétitivité pour la région. On a dégagé en un an 4 milliards d'euros d'investissements dans toute la région, c'est énorme.Tout cela sans augmenter la fiscalité locale.Le rapport note que nous sommes, avecHaut-de-France, les seuls à avoir harmonisés à la baisse nos tarifs de carte grise.C'est important à l'heure où la question du pouvoir d'achat est sur le devant de la scène", commente-t-il.