Transition énergétique : pourquoi la métropole de Lyon adopte l’extension des consignes de tri
Stéphanie Borg

Photo d'illustration
Eric Soudan-Alpaca-Métropole de Lyon
Stéphanie Borg

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Eric Soudan-Alpaca-Métropole de Lyon
Depuis le 1er janvier 2020, le bac de tri (jaune) des grands Lyonnais accueille tous les emballages en plastique (sacs, sachets et films en plastique, pots et barquettes, petits emballages en métal et aluminium) en plus des emballages en carton, papier et métal déjà acceptés.
La Métropole de Lyon adopte ainsi l'extension des consignes de tri, deux ans avant l'obligation de l'une des dispositions de la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui impose, d'ici 2022, à 100 % du territoire français de s'y soumettre.
Avec l'apport de son territoire dans le dispositif (1 385 927 habitants au 1er janvier 2020, plus de 600 000 foyers), la métropole permet aux soutiens de la mesure de franchir un cap symbolique en leur permettant de dépasser la barre de près de 50 % du pays qui a adopté cette extension, selon l'évaluation du spécialiste du recyclage, Citeo.
Car l'un des freins au tri reste le doute des habitants devant leur poubelle.
Avec l'extension du tri, l'institution entend collecter 10 500 tonnes d'emballages et de papiers supplémentaires (elle en a collecté 62 692 tonnes en 2018 sur les plus de 500 000 tonnes de déchets globaux) mais surtout réduire de façon drastique le refus de tri (ce qui se trouve dans le bac jaune de recyclage alors qu'il ne devrait pas y être) en le faisant passer de 35 % à 24 % d'ici la fin de sa feuille de route.
Pour y parvenir, elle mise avant tout sur la communication (120 000 euros d'investissement) et sur la pédagogie. Ses équipes sillonnent le territoire pour contrôler la qualité du tri et sensibiliser les usagers - essentiellement en refusant de ramasser les bacs.
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Et ne manque pas de rappeler que "trier est aussi un geste de solidarité", puisqu'elle verse 50 centimes d'euros par tonne de papier collecté au Telethon et 3,05 euros par tonne de verre collecté à la Ligue contre le cancer.
L'autre avantage de l'extension des consignes pour la collectivité : "permettre un recyclage efficace dans une logique d'économie circulaire" et favoriser l'essor des filières.
Une "complexité" du tri transférée chez les deux opérateurs en délégation de service publics que sont Nicollin et Paprec. Ce dernier a d'ailleurs récemment investi 25 millions d'euros dans son centre de tri dernier cri, capable de répondre aux nouvelles exigences de la métropole de Lyon.
L'augmentation du tri sélectif n'empêche pas Citeo de continuer à prôner, en parallèle, une accélération de la baisse des emballages, une réduction de la dépendance au plastique ou de nouvelles formes de recyclage.
Stéphanie Borg