Montagne : la crise du Covid-19, et après ?

Marie Lyan

Photo d'illustration
Licence CC0 Domaine public

Marie Lyan

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Après l'annonce d'une fermeture brutale des bars et restaurants, ainsi que des lieux jugés "non-indispensables à la nation" à la mi-mars, les stations de sports d'hiver alpines ont dressé un premier bilan des pertes accumulées il y a quelques jours en raison de leur fermeture anticipée. La plupart des stations ayant, à l'origine, prévu de fermer à la mi-avril, voire début mai.
800 millions d'euros sur le territoire de l'Observatoire Savoie Mont Blanc pour la saison 2019/2020, tandis que chez son voisin isérois, Isère Tourisme estime que le niveau des pertes pour l'industrie touristique attendrait 118 millions d'euros rien qu'au mois de mars, et 135 millions si le
confinement se poursuivait jusqu'à fin avril. Lesyndicat Domaines Skiables de France (DSF), qui rassemble près de 200 entreprises de remontées mécaniques à l'échelle nationale, table quant à lui sur près de
1,5 milliards d'euros de dépenses touristiques, tous domaines confondus, qui vont faire défaut à l'échelle de l'Hexagone.Pour autant, le regard des acteurs du secteur est déjà tourné vers l'avenir, malgré un certain nombre d'incertitudes. Car la saison d'été, qui démarre généralement à la mi-juin, pour se poursuivre jusqu'à la mi-septembre, pointe déjà le bout de son nez. Sera-t-elle suffisante pour espérer un rattrapage des pertes réalisée sur la fin de l'hiver ?
Tout dépend en premier lieu des acteurs concernés : car si certains acteurs comme les remontées mécaniques réalisent 98% de de leur chiffre d'affaires en hiver (hors station de Chamonix), d'autres secteurs, d'autres, comme l'hôtellerie-restauration ou l'industrie des loisirs, pourraient paradoxalement voir leur activité estivale en partie boostée par le contexte actuel.
Car alors que les stations entament depuis plusieurs années une transition vers le tourisme toutes saisons, avec le développement de nouvelles activités plein air (circuits de VTT, trail, etc) ainsi qu'une rénovation voire une montée progressive en gamme des hébergements traditionnels et collectifs, cette stratégie pourrait bien servir cette année, à attirer de nouveaux publics en montagne.
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Ce dernier mise notamment sur la clientèle de proximité, composée grandes villes situées dans un rayon de quelques centaines de kilomètres des massifs, qui pourraient choisir de se diriger au plus près de chez eux, tout en profitant des activités de plein air offertes en montagne.
Pour autant, Laurent Reynaud rappelle que la France pourrait elle aussi connaître, à l'inverse, une chute de la fréquentation de la part des touristes étrangers cet été, même si celle-ci demeure encore difficile à évaluer et devrait être variable en fonction des pays. Sans oublier certaines inconnues à ce jour :
Isère Tourisme se tient néanmoins prête, et affirme travailler au lancement d'une campagne de communication plus courte mais massive, une fois la crise sanitaire passée, tout en misant sur le développement de dispositifs et plateformes favorisant également les courts et moyens séjours.
Même position pour l'Observatoire Savoie Mont-Blanc, qui réaffirme, dans un communiqué sa volonté d'accompagner ses membres à travers cette période difficile, "en attendant l'opportunité de relancer la demande avec de puissantes campagnes de communication, une fois cette crise sanitaire sans précédent maîtrisée grâce à la solidarité de tous".
Demeure cependant une autre inconnue, qui pourrait dépendre de la stratégie annoncée par le gouvernement afin de soutenir les acteurs économiques.
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D'autant plus que les capacités d'hébergement, tous types de logements confondus, ne sont d'ores et déjà pas extensibles.
DSF entrevoit également un autre enjeu, concernant le report des charges annoncé sur six mois pour l'ensemble des acteurs économiques.
Le syndicat milite ainsi pour un report des charges sur un an pour le secteur. Même si pour l'instant, le gouvernement n'a pas encore répondu à cette demande.
Marie Lyan