David Kimelfeld : "Il faut que l'Etat entende l'expertise des territoires"
Stéphanie Borg
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La Tribune : Après plus d'un mois de confinement, comment la Métropole de Lyon vit-elle ce moment inédit ?
David Kimelfeld : Le confinement n'est pas homogène sur notre territoire : certains le vive de façon moins inconfortable que d'autres, dans les entreprises comme dans les foyers. Je relève une inquiétude générale du côté des entreprises, même pour celles qui ont continué en mode dégradé, sans parler de celles des commerçants et des artisans. Cette inquiétude économique est renforcée par l'instabilité des annonces : je ne jette la pierre à personne, mais il est clair que tous vont avoir du mal à croire ce que l'on va leur raconter. Pour rétablir cette confiance, l'Etat devrait être inspiré par nos collectivités. Je rappelle que les services publics de proximité qui ont été maintenus, comme la propreté, le ramassage des ordures ménagères sont ceux assurés par nos collectivités. Nous avons réglé plus vite nos fournisseurs, fait attention aux plus précaires : c'est notre réponse à la crise.
Concrètement, que suggérez-vous ?
Même si notre Préfet est très à l'écoute, l'Etat a tendance à agir dans un mode trop descendant. Il faut qu'il entende l'expertise des élus. Sur nos territoires, il existe des solutions produites par nos acteurs économiques, sociaux et culturels, nous sommes là pour les faire remonter. L'Etat doit ouvrir des espaces de dialogues, par exemple, sur la question de la réouverture des écoles et des collèges avec les enseignants mais aussi avec les parents d'élèves. Il est nécessaire de réfléchir ensemble. En ce qui nous concerne, nous appliquons ce principe en organisant une conférence métropolitaine des maires (elle aura lieu ce lundi 27 avril, NDRL) pour régler divers dispositifs comme la distribution des masques aux habitants et évaluer, comment on fait, concrètement et tous ensemble. J'y ai même invité un représentant de l'ARS et du rectorat pour faciliter les décisions collectives.
Stéphanie Borg