Les sous-traitants de la filière aéronautique sont touchés de plein fouet par la crise provoquée par la pandémie de Covid-19. Après les mesures d’urgence, les industriels se préparent désormais à une longue période de disette mais s’attellent d’ores et déjà au rebond.
- 50, - 60, -70 %..., la chute de chiffre d'affaires estimée pour cette année est vertigineuse. - 30 à - 40% de production sur les années 2020 et 2021. Les baisses de cadence annoncées par Airbus, et semblables à celles de la plupart des constructeurs aéronautiques, ne laissent pas présager aux sous-traitants de la filière d'un avenir très serein.
"Aujourd'hui, il y a beaucoup d'incertitudes. Personne ne peut savoir ce qui va se passer car tout dépend de l'évolution de la crise sanitaire. Nous connaissons les impacts de ces premiers mois, mais que va-t-il se passer ensuite ? Impossible à prévoir !", souligne Frédéric Antras, délégué général de l'Aerospace Cluster Auvergne-Rhône-Alpes.
La région Auvergne-Rhône-Alpes et ses quelque 550 sous-traitants de l'aéronautique, de rang 1 et 2 (30 000 emplois - 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires) est fortement impactée.
"La période est compliquée. Toutes les entreprises de la filière constatent un très fort ralentissement, voire même un arrêt total pour certaines d'entre elles", poursuit-il.
Un choc d'autant plus difficile à digérer que la filière était jusqu'ici sur une tendance à l'accélération des cadences avec des investissements importants en cours et des recrutements en hausse pour répondre aux exigences des donneurs d'ordre.
"Choc brutal"
"L'impact a été immédiat, et très brutal. Immédiatement, nous avons eu une baisse de 40 à 50% de notre carnet de commandes aéronautique. Les clients ont annulé ou décalé", confirme Bruno De Chaisemartin, P-dg de la PME Supermetal à Sallanches (90 salariés, 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019).
Spécialisée dans la mécanique de précision, elle réalisait jusqu'ici 65% de son chiffre d'affaires avec l'aéronautique. Elle travaille pour les pièces critiques des avions : commandes de vol, contrôle des fluides, circuits d'air etc.
Le coup est rude pour cette entreprise qui venait d'investir lourdement dans son usine 4.0 comprenant des îlots de production entièrement robotisés. Cette nouvelle unité de 3 000m², opérationnelle depuis juillet dernier, devait lui permettre de presque quadrupler son chiffre d'affaires et de recruter 80 personnes.
Elle doit désormais revoir ses ambitions à la baisse et table pour 2020 sur un chiffre d'affaires de 5 à 6 millions d'euros, avec un résultat net négatif. Pour faire face, l'entreprise a sollicité un PGE (accepté), un étalement de ses échéances actuelles et a recours au dispositif d'activité partielle (40%).
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.