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Territoire - La Tribune AURA

Frédéric Fotiadu : "Plus que jamais, la singularité de l'INSA Lyon a du sens"

Marie Lyan et Denis Lafay

Publié le 02 décembre 2020 à 06:00

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Frédéric Fotiadu Insa Lyon

Après un passage par Marseille où il a assumé durant 15 ans la direction de l'école Centrale, Frédéric Fotiadu a pris les rênes de la première école d’ingénieurs post-bac en France, l'INSA Lyon, en novembre 2019.

Insa Lyon

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Photo d'illustration de l'article
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GRANDS ENTRETIENS. Il y a quelques jours, le conseil d'administration de l'INSA Lyon validait un nouveau projet stratégique, Ambitions 2030. Son directeur Frédéric Fotiadu, nommé il y a un an, dévoile en exclusivité pour La Tribune les grandes lignes de cette vision. Il détaille également son approche de sujets brûlants, comme la notion de progrès technologique et sa finalité, la marchandisation de l’enseignement supérieur, la gratuité des frais de scolarité. Et livre, en primeur, son examen de la fin de l’Idex Lyon / Saint-Etienne.

LA TRIBUNE AUVERGNE RHONE-ALPES - Vous avez pris la direction de l'INSA Lyon il y a tout juste un an, et vous apprêtez à mettre en œuvre le plan stratégique Ambitions 2030, que vous présentez en exclusivité à La Tribune. Il se décline en cinq transitions (écologique, sociale, numérique, économique et institutionnelle) et seize ambitions, censées transformer « profondément » le positionnement, les missions et les pratiques de l'établissement. Avant d'entrer dans le détail de ce projet, que signifie l'adverbe ? Que l'école a accumulé des retards auxquels elle doit, « en profondeur », riposter ?

FREDERIC FOTIADU - Initialement, ce qui me parlait le plus était le besoin de transformation profonde de l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur, en vue de répondre aux enjeux qui sont devant nous, tels que l'enjeu socio-climatique. Je ne crois pas qu'il faille cependant raisonner en termes de retard accumulé par rapport à d'autres institutions, car nous sommes issus d'une histoire très particulière.

L'INSA Lyon est un établissement qui a été créé par un philosophe, Gaston Berger, ce qui est toujours singulier pour une école d'ingénieurs. Déjà à ce moment-là, on était à la fois dans une logique d'alimenter une période de développement par la technologie, et en même temps, dans une prise de conscience que la technologie ne doit pas être aveugle aux autres pans du savoir.

C'est pourquoi, dès le départ, notre développement s'est appuyé sur le modèle d'ingénieur humaniste. L'idée est donc d'aborder la question des progrès technologiques, qui, à partir du milieu du 20e siècle, ne se sont plus perçus comme au service du progrès de l'humanité. 

L'INSA s'est posé, dès son origine, sur un modèle de rupture. Mais avec quelle vision très exactement ?

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L'INSA a été conçu comme un modèle de rupture, à commencer par la façon de former des ingénieurs. De la fin du 18e siècle jusqu'au milieu du 20e siècle, on a formé en France des ingénieurs pour répondre aux besoins de la nation. Il s'agissait d'une vision très utilitariste, qui prend son essor au moment de la révolution industrielle afin d'alimenter le développement économique et social. Edgar Morin adresse lui-même cette question dans ses dix scénarios pour le futur et pointe le fait que ce modèle se retrouve en quelque sorte épuisé aujourd'hui, au sens propre du terme.

Marie Lyan et Denis Lafay

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