Comment CDC Habitat veut avancer sur le chemin de l’habitat frugal
Stéphanie Gallo Triouleyre
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La résidence le Sollys à Lyon-Confluence, réalisée par le promoteur Linkcity pour le compte de CDC Habitat. Cette résidence compte 20 logements intermédiaires et 19 logements sociaux
CDC Habitat Auvergne Rhône-Alpes planche sur l’évolution de ses modes de construction. Une évolution qui doit le mener, comme l’ensemble des bailleurs sociaux, à avancer à marche forcée sur le chemin de l’habitat frugal. Avec un écueil majeur : celui de la maitrise absolue des coûts de construction.
« Comment concilier logement frugal et abordable ?». Voici la thématique du hackathon organisé il y a quelques semaines à Lyon par CDC Habitat Auvergne-Rhône-Alpes, une filiale de la Caisse des dépôts, à la fois constructeur et gestionnaire de logements. Une thématique au cœur des questionnements et des enjeux auxquels doit faire face le bailleur social.
Créé en 1961 sous le nom de Sogima pour gérer des logements à destination des personnels de l'armée, il est devenu en 2004 filiale à 100% de la Caisse des Dépôts. CDC Habitat comptait, fin 2021, 22.185 logements en Auvergne Rhône-Alpes dont 14.835 logements sociaux, 6.000 logements dits intermédiaires et 2.000 logements pour les gendarmes.
Il construit habituellement environ 1.200 logements par an mais le rythme s'est accéléré depuis l'année dernière grâce aux fonds débloqués par le plan France Relance et en raison des tensions sur le logement dans certains territoires, en particulier sur la métropole lyonnaise et le franco-genevois, portant ainsi le nombre de constructions à près de 1.700 en 2021, 2.000 en 2022 et probablement autant en 2023.
Une accélération qui met encore plus en exergue la nécessité pour CDC Habitat de renforcer encore son positionnement sur les questions de durabilité et d'habitat frugal. Mais la partie n'est pas si simple, estime Anne Canova, directrice interrégionale de CDC Habitat Auvergne Rhône-Alpes.
Concilier fin de mois et fin du monde
"Nous, bailleurs sociaux, sommes aujourd'hui confrontés à une véritable dualité. Nous devons absolument maîtriser nos coûts de construction afin de proposer des logements abordables. Et en même temps, nous sommes également devant un chemin incontournable auquel nous contraint d'ailleurs de plus en plus la réglementation : celui de la préservation des ressources naturelles", résume Anne Canova.
La question qui se pose aux bailleurs sociaux, comme à l'ensemble des secteurs économiques, comment concilier inflation et développement durable ?
« Avant la hausse du prix des matériaux, le surcoût engendré par une construction avancée en termes de protection des ressources était de l'ordre de 10 à 15%. Aujourd'hui, nous sommes plutôt à 20,25% ». Pour la directrice de CDC Auvergne Rhône-Alpes, qui revendique une « partie déjà importante de matériaux biosourcés dans les constructions récentes et à venir », la réponse pourrait venir des filières locales d'approvisionnement. « Nous nous impliquons dans la structuration de filières locales mais les ressources ne sont pas toujours suffisantes. C'est le cas pour le bois par exemple ».
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