Cette fois, il n'est pas tout à fait question de la hausse des coûts de l'énergie, ni même des conséquences directes de l'inflation... Même si le sujet existe (avec de premières augmentations sur les prix des forfaits de ski, attendues dès cet hiver), c'est désormais directement le porte-monnaie des ménages locaux, qui sera bientôt touché par la fin d'un régime spécial : car depuis la naissance des stations, les "gens du pays", résidant sur la commune à l'année, pouvaient bénéficier de réductions sur le prix de leurs forfaits de ski.
"Les tarifs spéciaux, à destination des résidants, existaient dans quasiment toutes les communes de montagne, mais c'est un système qui arrive à un point où il n'est plus dans le cadre de la légalité", regrette Jean-Luc Boch,maire de la commune de la Plagne (Savoie) et président de l'Association Nationale des Maires des Stations de Montagne (ANMSM), qui regroupe près de 100 stations sur 5 massifs français.
Même si ce n'est pas vraiment de gaïté de coeur que les communes de montagne s'apprêtent à demander aux exploitants des remontées mécaniques de revoir leurs tarifs, certaines y voient une forme de principe d'égalité à respecter : "Quand on prend le métro parisien, on voit bien que les habitants paient le même prix que les savoyards", explique Yannick Amet, président de la communauté de communes de Haute Tarentaise.
Car depuis l'entrée en vigueur de la Loi Montagne en 1985, le principe d'égalité de traitement au vu de la tarification d'un service public, que constituent les remontées mécaniques d'une station, doit en réalité prévaloir sur la création de tarifs réduits, qui étaient proposés jusqu'ici aux habitants des territoires de montagne.