Festival Lumière : zoom sur son économie
Romain Charbonnier
Romain Charbonnier
En créant le cinématographe en 1895, les frères Lumière étaient loin de se douter que 119 ans plus tard, Lyon occuperait une place prédominante dans la grande famille du 7ème Art. Certes, des films y sont tournés chaque année, des acteurs y ont fait leurs premières armes et Lyon est restée célèbre pour y avoir vu naître le cinéma auquel d'ailleurs l'Institut Lumière rend hommage au travers de son musée et de ses projections.
Néanmoins, il lui manquait un élément puissant, d'envergure et original pour pouvoir placer la ville des lumières sur la carte des villes internationales du cinéma à l'instar d'Annecy (rendue célèbre pour son festival international du film d'animation), Cannes (pour son festival du film), Deauville (festival du cinéma américain) etc. Ce sera chose faite en 2009 avec la première édition du festival Lumière, imaginé par Thierry Fremaux, dont la particularité est de faire (re)découvrir au plus large public, des films de patrimoine.
L'idée fait mouche. Aux commandes, l'Institut Lumière trouve le financement auprès des collectivités (1,3 million d'euros), fédère les salles de cinéma du Grand Lyon et convint des célébrités de venir, sans promotion, ni actualité, présenter certaines œuvres. Clint Eastwood sera le premier à se voir attribuer le prix Lumière, couronnant sa longue carrière d'acteur-réalisateur. Le public suit puisqu'ils étaient 55 000 festivaliers à répondre présents.
D'année en année, le festival grandit, acquiert sa légitimité auprès du grand public et des professionnels pour devenir aujourd'hui un événement majeur du 7ème Art ouvert à tous, contrairement à d'autres festivals. En l'espace de cinq éditions, la fréquentation a quasiment triplé pour atteindre 135 000 personnes en 2013. La version 2014 devrait aisément dépasser ce seuil puisque ce sont plus de 320 séances programmées durant la semaine. Dans le même temps, le budget grimpe de 45 % pour atteindre 3 millions d'euros.
En cinq ans, l'autofinancement représente 54 % du budget du festival dont 12 % provient de la billetterie (le prix d'une séance est de 6 euros, 5 pour les accrédités). Il devrait gonfler encore lors des prochaines éditions avec la multiplication des opérations de mécénats auprès des PME et grandes entreprises. Un "budget à l'équilibre" qui permet à la fois de financer les séances, les lieux de diffusion et la prise en charge des célébrités.
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Attractif, il est pourtant difficile de connaître les retombées économiques précises du festival sur le territoire. Selon les données récoltées, elles pourraient s'établir à 10 millions d'euros. En attendant l'enquête que l'Institut Lumière devrait mener l'année prochaine, le festival communique quelques chiffres sur la dimension économique de l'événement :
Du côté des hôtels, même si la fréquentation n'atteint pas le niveau des grands salons internationaux et/ou événements du type Fêtes des lumières, les hôteliers se disent "satisfaits" des retombées du festival. L'an dernier, ils avaient enregistré 1 400 nuits et les restaurants 6 000 repas. Un niveau qui devrait croître à l'avenir avec le développement du marché du film classique entre autres. Un rendez-vous "unique" qui réunit pour la seconde édition, durant trois jours, des professionnels de la restauration, de la conservation et de la distribution de film venus du monde entier. Une cible qui pourrait booster le tourisme d'affaires et pour lequel opérateurs et acteurs institutionnels devraient mener des campagnes promotionnelles.
Romain Charbonnier
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