Nathalie Dompnier (présidente de Lyon 2) : ''S'il y a échec de l'IDEX, ce sera celui de tout le monde''
Denis Lafay
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Nathalie Dompnier, présidente de l'université Lyon 2, partage le même jugement que son homologue de Lyon 3, Jacques Comby : ''hors de question'' d'endosser une responsabilité particulière en cas d'échec du processus de labellisation IDEX - hypothèse révélée en exclusivité par Acteurs de l'économie - La Tribune le 14 septembre. Et la professeure en sciences politiques, leader de la contestation, de dessiner un axe pouvant conduire à la fusion des deux établissements et donc à une redéfinition en...
L'université Lyon 2 pour l'heure refuse le modèle ''d'université intégrée'' qui constitue l'une des conditions de labellisation à l'Idex2 - à la clé : 30 millions d'euros annuels récurrents pour l'enseignement supérieur lyonno-stéphanois. Pour quelles raisons ?
Il ne s'agit pas d'être pour ou contre une ''université intégrée'', mais de savoir comment nous la construisons. Il existe plusieurs manières de penser le processus d'intégration. Le modèle proposé doit encore faire l'objet de discussions avant d'être arrêté. Pour le moment nous estimons qu'un certain nombre de sujets appellent de telles discussions car les modalités proposées ne sont pas satisfaisantes. Qu'il s'agisse du calendrier de mise en œuvre, de ses effets sur nos missions, du périmètre des prérogatives de l'université intégrée par rapport à ses composantes, du fonctionnement et de la composition des instances, du coût organisationnel de la mise en place et du fonctionnement d'un tel établissement, du devenir du personnel... trop de questions demeurent en suspens.Pour n'évoquer que le statut juridique du nouvel ensemble ''intégré'', quel sera-t-il ? Il n'existe pour l'heure aucun cadre légal qui y corresponde et on peut sérieusement douter des velléités gouvernementales de remanier ce cadre dans les mois et les années à venir. Il est donc nécessaire de se demander ce qu'il adviendra de ce modèle dans ce cas. Et qui donc peut assurer aujourd'hui qu'un établissement de 140 000 étudiants et 10 000 personnels répartis dans de très nombreuses composantes nous permettra d'assurer mieux que nous ne le faisons aujourd'hui nos missions de formation, de recherche et de diffusion des savoirs et ne constituera pas davantage une entrave qu'un levier d'efficacité ? Il est tout à fait légitime de s'interroger sur la cohérence et la pertinence d'une telle consolidation et de souhaiter qu'un véritable débat puisse se tenir pour nous positionner.
N'est-ce pas là l'énième manifestation de l'empreinte dogmatique et gauchiste à laquelle Lyon 2 est historiquement associée ?
Certains considèrent aussi, dans vos colonnes, qu'il s'agit d'une posture ''idéologique''... Ces tentatives de disqualification sont particulièrement mal venues dans un contexte où nous avons par-dessus tout besoin d'échanger et de prendre en considération les intérêts, les caractéristiques et les contraintes des différents partenaires.Chaque établissement possède en effet des spécificités, une histoire et une identité propres, qui contribuent aux principes, aux valeurs, aux orientations dont il est porteur. Nous ne sommes pas hostilesa prioriau projet d'intégration, nous voulons simplement qu'il soit compatible avec ces principes et conceptions auxquels s'adossent nos missions et nos pratiques pédagogiques et scientifiques.
L'Idex2 sans Lyon 2 et Lyon 3 signifierait que les sciences humaines et sociales (SHS) seraient absentes du dispositif. Un déficit inimaginable, et particulièrement grave pour la pertinence de l'enseignement, la puissance de la recherche, et même la salubrité du débat intellectuel et de l'évolution des connaissances...
Ce serait effectivement très dommageable. C'est la raison pour laquelle il est indispensable que nous puissions nous accorder sur un modèle d'intégration partagé.
Le CNRS, l'un des acteurs déterminants du processus Idex2, exerce un rôle-clé dans le fonctionnement des laboratoires de recherche universitaires. Votre retrait pourrait-il provoquer une scission ?
La position du CNRS est claire : il annonce qu'il placera l'ensemble de ses moyens dans l'établissement intégré servant de support à l'Idex, et donc se retirera de tous les laboratoires hors de ce périmètre. Potentiellement, cela signifie que le CNRS est prêt à renoncer à des pans entiers d'une recherche en SHS pourtant particulièrement dynamique sur le site. Il s'agit là d'une pression, sinon d'un chantage, qui durcit bien plus qu'il n'apaise la discussion.
La fusion des universités Lyon 2 et Lyon 3 est une vieille chimère, agitée au gré de chaque crise et toujours sacrifiée sur l'autel des réflexes corporatistes, des joutes idéologiques, des peurs malthusiennes. Cette fois, pourtant, elle semble n'avoir jamais été autant ''plausible'', si les deux établissements souscrivent à l'intégration ou au contraire s'en désolidarisent...
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