Le gouvernement prépare son projet de loi de finances 2024 et cherche à faire 15 milliards d'euros d'économies sans augmenter les impôts. Pour les entreprises, la suppression de la contribution sur la valeur ajoutée (CVAE), prévue initialement l'an prochain, sera étalée d'ici à 2027. Pour autant, Elisabeth Borne a réaffirmé un « cap pro business » et Emmanuel Macron a dit avoir besoin des chefs d'entreprise « pour gagner la bataille du chômage, pour continuer la transformation du pays ». Comment interprétez-vous la position du gouvernement ?
Depuis 2017, le gouvernement a plutôt mené une politique de l'offre. Le Président de la République, qu'on a entendu lundi, confirme, selon ses termes, la poursuite de cette politique, avec la volonté de n'augmenter aucun impôt, que ce soit pour les ménages ou pour les entreprises, en rappelant notamment la baisse d'impôt sur les sociétés de 33 % à 25 %. Il s'agit aussi de poursuivre la baisse des charges sur les entreprises. On rappelle à ce stade, comme toujours, que les prélèvements obligatoires en France restent les plus lourds de tous les pays de l'OCDE. Nous sommes dans un marché international, hyperconcurrentiel, et les entreprises françaises portent toujours un fardeau plus lourd que les autres. Alors oui, il y a eu ces baisses de 10 milliards lors du premier quinquennat, auxquelles on peut ajouter 4 milliards supplémentaires en 2023. On attendait encore 4 milliards en 2024, pour la suppression de la CVAE, comme s'y était engagé le Président de la République et le gouvernement. Finalement, on nous a annoncé qu'elle serait soldée, au plus tard, en 2027. On continue d'insister et d'alerter, depuis des décennies, sur la charge de la dette. Je me suis entretenu la semaine dernière avec le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à ce propos, lors de sa visite de l'entreprise Fournier (cuisiniste Mobalpa, SoCoo'c) en Haute-Savoie. J'ai redit notre souci de la compétitivité et l'impératif de désendettement de la France.