Entreprendre hier, la quête d'aventure
Stéphanie Borg
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Stéphanie Borg
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Clermont-Ferrand, 1889. André et Édouard Michelin reprennent la manufacture familiale de caoutchouc. Visionnaires, ils comprennent rapidement qu'ils ont, avec leur produit, une carte à jouer dans cette époque changeante. Secouée par les transformations fondamentales, elle découvre l'électricité, l'aviation, la locomotive, le vélo ou encore l'automobile. Les deux frères sont habités par l'idée du progrès. L'entreprise sauvera, quelques années plus tard, un Louis Renault au bord de la faillite. Fils de marchands de tissus, passionné par l'idée de l'automobile, ce dernier se lance, sans réel diplôme, dans « l'aventure entrepreneuriale » depuis le garage familial, avec un peu d'argent récolté ici et là, auprès de sa famille et de ses amis. Face à lui, le polytechnicien André Citroën dispose d'un capital acquis pendant la guerre. Il a opportunément transformé sa fabrique d'armement en une usine automobile.
Autour de ces premiers futurs capitaines d'industrie gravite le cœur de l'entrepreneuriat français : de petits ateliers dirigés par un patron disposant d'un savoir-faire technique et lié à une corporation, comme les soyeux lyonnais - les artisans d'aujourd'hui (une notion qui a commencé à faire son apparition seulement dans les années 1930) - et les marchands, qui, dès le 18e siècle, tiennent les rênes du commerce et de la distribution mondiale.
André et Édouard Michelin
Ainsi s'esquisse la cartographie de l'entrepreneuriat caractéristique de cette époque : des héritiers, des opportunistes portés par les circonstances, des autodidactes, quelques ingénieurs, des scientifiques et essentiellement des artisans.
À cette période, près de 90 % des créations d'entreprises sont de très petites entreprises artisanales ou commerciales. "Pour l'ouvrier, ce qui compte, c'est de pouvoir se mettre à son compte et de devenir son propre patron, même s'il vivote économiquement », poursuit Cédric Perrin, historien, chercheur associé en histoire économique des artisans à l'université d'Évry-Val-d'Essonne.
Stéphanie Borg
Budget de l'aéroport de Saint-Étienne : les opposants enfoncent le clou et saisissent la justice
Transport de marchandises : le service de ferroutage entre la France et l'Italie vacille
Congé parentalité : à Grenoble, la bataille juridique mènera jusqu'au Conseil d'Etat
TPE-PME : les experts-comptables évoquent le spectre d'une récession en Auvergne-Rhône-Alpes