"Il faut mettre de l'humanité dans l'architecture" (Jean-Michel Wilmotte, architecte)
Françoise Sigot
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Photo d'illustration
Jean Grisoni
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Jean Grisoni
Jean-Michel Wilmotte - Notre défi est de s'adapter aux nouvelles façons de vivre et de travailler, tout en étant économe de moyens et en respectant l'impact carbone. Il faut créer des lieux où les gens se sentent bien et n'ont pas besoin d'exprimer leur agressivité pour compenser leur mal-être dans leur logement. Je pense qu'il faut mettre de l'humanité dans l'architecture, il faut donner de l'espace aux gens, ne pas conditionner les logements à de microsurfaces.
Il faut être créatif, faire sauter les barrières et les interdits. Le futur est tourné vers le respect et l'engagement moral. Il manque peut-être aujourd'hui cette dimension de moralité dans l'architecture. Ce n'est pas le tout de faire une architecture pour les signes extérieurs, il faut également réaliser une architecture pour les hommes et les femmes qui y habitent. On ne peut pas faire vivre bien dans des espaces trop confinés.
Je crois à plusieurs choses. D'abord à la réversibilité : demain, un immeuble de bureaux peut en partie ou totalement devenir un hôtel, ou une résidence. Je crois aussi à la souplesse, la flexibilité. Aujourd'hui, les bureaux sont largement partagés, demain ils doivent pouvoir devenir plus séquencés, plus fermés. Il faut de plus se préparer à l'évolution des usages et à la digitalisation, et à accompagner tous ces changements.
Nous avons eu la chance de travailler sur l'aménagement d'énormes surfaces de travail à la Halle Freyssinet par exemple et donc nous avons dû imaginer du mobilier adapté à des cadres de travail partagés. Et c'est là que nous avons vu qu'il y avait quelque chose à inventer qui intègre à la fois la flexibilité et la fraicheur. C'est pour cela que nous sommes partis sur ce système Mondrian, une espèce de mosaïque de carrés et de rectangles modulables.
Françoise Sigot
Comment relever ce défi quand le foncier devient rare et cher ?