Tendance : L'urbanisme temporaire s'ancre dans le temps
Françoise Sigot

Les Halles du Faubourg sont nées du principe d'occupation temporaire
Les Halles du Faubourg - Lionel Rault
Françoise Sigot

Les Halles du Faubourg sont nées du principe d'occupation temporaire
Les Halles du Faubourg - Lionel Rault
Exit les friches ouvertes à tous les vents et place aux occupations temporaires ! Initiée ces dernières années, cette nouvelle façon de faire a trouvé sa place. A tel point que les collectivités comme les propriétaires de locaux se cherchant un avenir en deviennent friands. Et plus encore les occupants d'un temps.
Ainsi, la métropole de Lyon qui après avoir observé puis accompagné quelques projets naissant ça et là sur son territoire veut désormais structurer une véritable offre autour de ce concept visant à mettre ces sites en transition à disposition de collectifs qui y développent des activités ou du logement.
De quoi convaincre la collectivité de mieux organiser son action dans ce domaine. Désormais une équipe dédiée à ces opérations est à pied d'œuvre pour repérer les sites susceptibles d'être mis à disposition de jeunes entreprises ou d'acteurs culturels souvent bien en peine pour trouver des points de chute en phase avec leurs faibles moyens.
Pour l'heure, les premières expériences menées sur le territoire de la métropole concernent presque toutes des activités festives et culturelles.
En mettant des locaux à disposition d'entrepreneurs ou d'artistes, les propriétaires privés ou publics économisent des frais de gestion et de gardiennage.
Ce site, sur lequel était notamment installé le fabricant de lingerie Lise Charmel abrite actuellement un collectif d'artistes et une poignée d'entrepreneurs qui y organisent expositions et rencontres festives. Encore pendant un an, parce que le "deal" entre propriétaires et occupants repose justement sur cette dimension de temporalité.
Un autre atout de taille pour les propriétaires de friches implantées dans des quartiers en mutation. En effet, les manifestations organisées par les occupants temporaires ramènent la vie dans ces quartiers et bien souvent, la commercialisation des projets définitifs s'en trouve accélérée.
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A l'image des pépinières, et des incubateurs, ce dispositif est aussi un autre substrat favorable au lancement d'entreprises qui trouvent ainsi des locaux peu chers et un environnement propice à la création et au brassage d'idées.
A Albigny-sur-Saône, Jacques Chalvin est lui aussi un occupant temporaire à la Cimenterie, un site industriel de plus d'un hectare acquis par Didier Caudard Breille, président du promoteur DCB International et par Serge Mathieu à la tête de société d'investissement Novali. D'ici deux ans, ce trio devrait faire de cet ancien site industriel un espace dédié à l'accueil de manifestations festives, d'un food court, d'un fitness santé ainsi que de salles de coworking et de résidences d'artistes. En attendant, ils testent ces idées grandeur nature.
Un apport précieux pour bien définir le projet, car l'aménagement de ce site devrait mobiliser entre 10 et 12 millions d'euros. Peu onéreuse pour les entrepreneurs, le temps de lancer leur activité, la valeur ajoutée va bien au-delà de l'impact économique. L'urbanisme temporaire devient en effet petit à petit un outil de prospective pour les collectivités qui testent et affinent ainsi, à moindre coût, une nouvelle façon d'aménager la ville.
Seul impératif : prendre le temps de penser les projets en amont afin qu'ils s'adaptent aux attentes des utilisateurs potentiels et permettent de préfigurer l'avenir. Du sur mesure en quelque sorte pour imaginer le visage et les usages de la ville de demain.
Françoise Sigot
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