L'asphyxie financière des stations de moyenne montagne
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En trois ans, Saint-Pierre-de-Chartreuse a tout perdu : beaucoup d'argent, la gestion de ses remontées mécaniques. Et son maire. La commune surendettée de l'Isère a dû se résoudre à confier l'exploitation de ses remontées mécaniques à la communauté de communes Cœur de Chartreuse. Mais le village-station d'un millier d'habitants devra rembourser lui-même plus d'un million d'euros en deux ans, qu'il faut apurer des exercices passés. La chambre régionale des comptes a prévenu : il devra augmenter la fiscalité locale de plus de 50 % pour payer les dettes.
Aux problèmes financiers se sont ajoutés les tiraillements politiques : les électeurs de Saint-Pierre-de-Chartreuse devront retourner aux urnes en mars pour élire une nouvelle équipe municipale et désigner leur nouveau maire, après que l'ancienne s'est déchirée sur les questions financière et de gouvernance. Pourtant, en 2012, le plan de développement de la station était ambitieux, au moins sur le papier. Forte d'une croissance spectaculaire du nombre de journées skieurs, passées de 92 000 durant l'hiver 2010-2011 à 163 000 deux ans plus tard, la municipalité dirigée par Yves Guerpillon lançait un plan d'investissement de plus de trois millions d'euros sur cinq ans, en ajoutant un télésiège, un téléski et programmant divers aménagements des pistes.
La commune avait ainsi la volonté de faire passer le chiffre d'affaires de la station de 1,8 à 2,3 millions d'euros de 2013 à 2017, soit une croissance de 28 % des recettes du syndicat intercommunal en l'espace de quatre années. Un défi de taille pour une station de moyenne montagne qui accueille une clientèle essentiellement locale et régionale, et pour laquelle la seule issue est donc de prendre des parts de marché à ses concurrentes, et ce, sur un marché peu extensible.
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Mais en 2016, la chambre régionale des comptes constate que les recettes réelles d'exploitation du syndicat intercommunal, en charge de l'exploitation des remontées mécaniques, s'élèvent à 1,2 million d'euros. C'est donc presque la moitié du chiffre d'affaires qui manque à l'appel. Au bord de la faillite, le syndicat intercommunal chargé de la gestion des pistes de ski alpin a été dissous à la demande du préfet de l'Isère. À la fin de l'année 2016, l'exploitation des remontées mécaniques est passée entre les mains de la communauté de communes, mais la dette devra être épongée à 80 % par Saint-Pierre-de-Chartreuse et à 20 % par Saint-Pierre-d'Entremont, sa petite voisine associée dans le syndicat intercommunal.