L'enjeu du 2eme tour à Lyon : la présidence de la Métropole
Jean-Baptiste Labeur
Jean-Baptiste Labeur
A moins d'un cataclysme, Gérard Collomb obtiendra dimanche son troisième mandat à l'Hôtel de Ville, la dynamique et l'arithmétique du premier tour lui sont favorables. Mais le véritable enjeu se trouve dans la bataille pour la présidence de la communauté urbaine.
Le 1er janvier 2015, le Grand Lyon deviendra la Métropole, en intégrant les compétences du Conseil Général. C'est là que se prendront toutes les décisions importantes pour les communes membres, dont Lyon n'est qu'une parmi d'autres, même si elle est la plus grande.
Un exécutif bicéphale ferait mauvais genre pour le lancement de la métropole portée sur les fonds baptismaux par Gérard Collomb et Michel Mercier.
Actuellement, la majorité de gauche sortante au Grand Lyon a 10 sièges d'avance, avec un Grand Lyon à 156 sièges. La prochaine assemblée comptera 162 sièges pour une majorité absolue à 82.
Le vote de dimanche sera donc capital en périphérie. A l'issue du second tour, il pourrait y avoir un peu moins de rose sur la carte électorale du Grand Lyon. Pierre-Bénite a déjà été enlevée par l'UMP dès le premier tour. Dans l'Est Lyonnais, Mions, Chassieu, Saint-Priest ou Décines sont susceptibles de basculer à droite. Même chose pour Grigny et Saint-Fons au sud ou encore Rillieux, au nord de l'agglomération. Au total, une quinzaine de sièges au Grand Lyon sont menacés à gauche, pour aucune prise possible à la droite.
Le staff de campagne de Gérard Collomb fait ses calculs et l'édile s'affiche plutôt serein, mais pour Paul Bacot, politologue à Science-Po Lyon, le risque est réel :
Or, la plupart des communes menacées ne sont pas dans ce cas. Pire, à Rillieux-La-Pape, qui compte pour trois sièges au Grand Lyon, on assiste à un duel fratricide entre PS et ex PS. « Là, on est dans le délire complet » estime le politologue. Vendredi, Gérard Collomb a lancé plusieurs fois un appel au dissident pour qu'il retire sa liste, en vain. La quadrangulaire pourrait être saignante.
Si la gauche perd Rillieux, elle court le risque de perdre sa majorité au Grand Lyon. Pour autant, Gérard Collomb peut-il perdre aussi la présidence du Grand Lyon, future métropole? « Comme en 2001, où il n'était pas majoritaire, Collomb peut élargir vers le centre droit et jouer sur les individualités » rappelle Paul Bacot.
Premiers concernés, les élus du groupe "Synergies". Une vingtaine de maires de l'Ouest Lyonnais et du Val-de-Saône. Certains faisaient partie de l'exécutif sortant et ont régulièrement voté des dossiers capitaux avec Collomb. L'UMP, tactiquement, a lancé une offensive contre plusieurs de ces élus, pour tenter de réduire leur influence.
« Ceux qui vont survivre devraient rester fidèles à Collomb » avance Paul Bacot. Du coté de "Synergies", il n'est pas question de se positionner maintenant, ce que souligne Marc Grivel, maire de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or :
À lire également
Reste l'hypothèse d'une volonté de statu quo dans la continuité du dernier mandat. « Cela pourrait avoir du charme pour certains élus de droite et de l'UMP, soucieux que les équilibres internes en place chez eux ne soient pas trop bousculés. La principale chance pour Collomb se trouve chez ses ennemis » conclut Paul Bacot.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Jean-Baptiste Labeur
Budget de l'aéroport de Saint-Étienne : les opposants enfoncent le clou et saisissent la justice
Transport de marchandises : le service de ferroutage entre la France et l'Italie vacille
Congé parentalité : à Grenoble, la bataille juridique mènera jusqu'au Conseil d'Etat
TPE-PME : les experts-comptables évoquent le spectre d'une récession en Auvergne-Rhône-Alpes